Langue

Le débat opposant la Catalogne à l’Espagne, en matière économique et fiscale, se nourrit d’un nouvel élément qui souligne une contribution inégale. En effet, bien que la population de la Catalogne du Sud comporte 16 % des habitants de l’Espagne (soit 7,56 millions sur 47,35 millions), sa participation à l’impôt sur le patrimoine s’élève à 45,45 %. Cet étonnant déséquilibre fiscal est calculé sur la période 2014-2019, lors de laquelle les contribuables catalans ont versé 2,9 milliards d’euros dédiés sur les 6,4 milliards perçus par l’État espagnol. Lors de cette même période, la communauté autonome de Madrid (6,77 millions d’habitants) s’est vue exonérée de cet impôt, à hauteur de 5,16 milliards, en raison d’une mesure locale supprimant cette contribution.

Le gouvernement catalan veut réparer la situation

La région de Madrid est la seule, parmi les 17 communautés autonomes espagnoles, à avoir éliminé l’impôt sur le patrimoine. A Barcelone, le gouvernement de la Generalitat de Catalunya espère une harmonisation, afin de ne plus devoir supporter tous les efforts, et, surtout, rester indéfiniment le grenier fiscal de l’Espagne.
La législation espagnole oblige les propriétaires de biens supérieurs à deux millions d’euros à effectuer une déclaration de patrimoine. Sur ce critère, en 2019, ce sont 212 000 déclarants qui se sont fait connaître dans l’ensemble de l’Espagne, dont 39,2% en Catalogne, soit 79 876, contre seulement 19 090 dans la communauté de Madrid. Rétablir les irrégularités en cours est aussi l’objectif du ministère espagnol du Budget (Hacienda).

Les plus riches partent à Madrid

Ces dernières années, les facilités accordées par la communauté de Madrid en matière d’impôt sur le patrimoine, sur les successions et sur les donations, ont provoqué une véritable fuite de grandes fortunes vers la capitale de l’Espagne. Ces contribuables de haut niveau se sont installés stratégiquement dans la ville ou dans sa région pour échapper à ces contributions fiscales. Le gouvernement régional de Madrid a réussi à attirer ces riches possédants, qui versent d’autres types d’impôts, notamment l’impôt sur le revenu (IRPF), au bénéfice direct de la région.

Partager