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La Clau
Ils condamnent le «supermarché du ski» prévu en Cerdagne et Capcir
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Le projet de fusion des stations de sports d’hiver de Font-Romeu, Pyrénées 2000, Les Angles et Formiguères, a été relancé en mars 2015, puis en décembre. Ce «Projet de grand domaine skiable» imaginé dès les années 1990 avait connu un premier retour dans l’actualité en 2008 par la voix d’Hugues Bousiges, prefet des Pyrénées-Orientales. En février 2015, la Cour des comptes alertait de la situation financière dangereuse des stations des Angles et Font-Romeu et défendait la la mutualisation. La liaison entre les sites donnerait lieu à plus de 170 km de pistes et à 20% de consommateurs supplémentaires, selon le plan approuvé par les mairies des communes concernées. Des effets induits sont attendus autour de ce projet, dont les 40 millions à 60 d’euros nécessaires financeraient de nouvelles installations et une liaison directe entre Font-Romeu et les Angles. Selon les partisans du projet, visiblement plus nombreux que les opposants, la mutualisation est la solution à la crise des stations.

Contre le modèle industriel des Alpes ou de l’Andorre

Pour Christian Blanc, ancien maire des Angles et réinventeur de la station de la commune, ce «supermarché du ski (…) serait une aberration, car une atteinte irréversible à l’environnement». Actuel président de l’association des Neiges catalanes, il a diffusé une lettre ouverte, ce dimanche 31 janvier, pour exprimer sa colère. L’ancien élu souhaite voir préserver le Parc Naturel Régional des Pyrénées catalanes et condamne l’imitation des «modèles industriels alpin ou andorran». A rebour de la plupart des responsables politiques du Pays Catalan, Christian Blanc promeut pour la Cerdagne et le Capcir une économie de ski «à taille humaine» complétée par les eaux chaudes et espaces aqua-ludiques ou encore les structures de santé et de remise en forme, l’élevage, et le patrimoine.

Contre une «usine à ski» et la neige de culture

Le Parti de Gauche des Pyrénées-Orientales, que l’on pourrait croire favorable à un projet de type coopératif, condamne aussi le grand domaine skiable. Son co-secrétaire, Francis Daspe, dénonce un projet «dépassé» car «rentabilité ne rime pas nécessairement avec augmentation du nombre de pistes et de remontées». Il estime que cette «usine à ski» insultera la nature en sollicitant davantage la neige artificielle, alors que le réchauffement climatique «va encore raccourcir la saison hivernale et nous obliger à piocher dans la ressource hydrique avec des coûts qui exploseront». Le PG 66 n’apprécie pas le «tout-tourisme» basé sur la neige, dont le schéma répond à celui de l’économie de la plage envers le littoral.

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