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A sept kilomètres du débouché Nord du tunnel ferroviaire du Perthus, un imposant site logistique est en projet, selon les détails fournis le 10 juillet par le magazine économique La Lettre M. La commune de Tresserre, autorisée à réviser son Plan local d’urbanisme fin 2013, recevra une zone de 36 hectares dévolue à la réception, au stockage et à la redistribution de marchandises. Cette réalisation, qui devra consolider la vocation du Roussillon comme territoire à la confluence des grands flux entre la France et l’Espagne, l’Europe et le Maghreb, est confiée à la société APRC Group, spécialisée dans l’aménagement de parcs logistiques en France. Cet investisseur basé dans la région de Saint-Etienne prévoit un investissement colossal de 115 millions d’euros, donnant lieu à trois bâtiments de 70.000 m2, 50.000 m2 et 15.000 m2, auxquels s’ajouteront 8 hectares réservés aux poids-lourds. Une position géostratégique imprenable devra garantir le succès de cette zone logistique, au sein d’un périmètre communal traversé par l’autoroute A9, la Ligne à Grande Vitesse et la route départementale D900, reliée à la Nationale 2 espagnole, par La Jonquera. Très proche du Boulou, situé en bordure du grand corridor des flux liés au port de Barcelone et relié au port de Port-Vendres, le futur site, qui comportera 250 à 300 emplois, sera également orienté vers la transformation de produits.

Concurrence de l’autoroute ferroviaire et de Vilamalla

Ce projet « Tresserre » constituera une riposte aux 145 hectares du parc logistique « Logis Empordà », en très lente réalisation dans les communes de Vilamalla et El Far d’empordà, dans l’agglomération de Figueres. Cependant, dans un panorama de hautes concurrences sur un secteur économique en croissance permanente, une autre adversité existe. En effet, l’autoroute ferroviaire Le Boulou-Luxembourg, qui ponctionne ouvertement l’activité de la plateforme intermodale Perpignan Saint-Charles Conteneurs Terminal, affiche des résultats insolents. En mai 2013, cette infrastructure a pulvérisé ses propres records, en transportant 4000 remorques de camions, soit un tiers de plus qu’en mai 2012. Cette autoroute à vocation écologique, lancée en 2007 par la société Geodis, filiale de la SNCF, reliait initialement Le Boulou à la ville luxembourgeoise de Bettembourg. Prolongée jusqu’à Helsingborg, en Suède, depuis septembre 2012, elle constitue le canal de ferroutage le plus long d’Europe, doté de 2200 km, couverts en seulement 48 heures, contre 72 h au minimum par route, une performance qui conforte ce mode de transport défendu par l’Etat.

Portbou développera son site logistique

A l’autre extrémité du massif des Albères, mais sur le versant Sud, le site ferroviaire de Portbou s’apprête à développer son activité logistique, en confiant 3,5 hectares de sa surface au secteur privé, selon une information communiquée le 17 juillet par la société publique espagnole Adif. A l’issue d’un appel d’offres correspondant à un engagement de 925.000 euros, le gestionnaire des infrastructures ferroviaires espagnoles confiera à une entreprise la gestion d’un futur terminal de transports et la commercialisation des surfaces. Adif, lui-même acteur logistique, continuera d’opérer sur les surfaces logistiques voisines et mettra à disposition ses quatre grues de soulèvement de conteneurs présentes sur place. Le tandem Portbou-Cerbère, fondé sur le transbordement de marchandises forcé par la différence d’écartement entre rails espagnols et européens, gagnera modestement en importance, fort d’une expertise en transfert de véhicules, notamment de marque Ford, fabriqués dans la région de València. Ce développement, défendu dès 2011 par les autorités catalanes, positionnera Portbou dans un nouveau maillage territorial, dont les nouveaux points de chutes redessineront la carte logistique avant 2020.

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