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L’élan consumériste associée aux grands centres commerciaux, qui se multiplient avec la nouvelle décennie, n’épargne pas la région de Barcelone. A 70 minutes de Perpignan, par le train, et à 5 minutes de l’aéroport de la capitale catalane, un nouveau village de marques ouvrira ses portes au printemps 2016, mais il s’agira cette fois-ci d’un site démesurément étendu, comparé aux 100 boutiques attendues à Rivesaltes et aux 80 ambitionnées par Gran Jonquera. Développé par le groupe madrilène Neinver, deuxième opérateur du genre en Europe, le site promis, présenté le 18 avril, occupera 75.000 m2 dans la ville de Viladecans, et engendrera 1000 créations d’emplois. Il ressemblera à la destination commerciale La Roca Village, plus proche du Roussillon, dotée de 140 enseignes en 2014 à l’issue d’une extension en cours. Neinver échafaude ainsi dans la région du Baix Llobregat un plan de séduction pour amateurs de collections vestimentaires à bas coût, datant de l’année précédente. Les grandes marques mondiales seront présentes sur cet espace, mitoyen du futur site logistique européen de la marque catalane Desigual, qui y emploiera 500 personnes.

Mécontentement des commerçants installés

L’investissement de 80 millions d’euros annoncés pour la mise en place de ce futur « Viladecans The Style Outlets », à bâtir sur des terrains acquis auprès de l’institut foncier Incasòl du gouvernement catalan, suscite les critiques de la Confédération du Commerce de Catalogne (CCC). Cette organisation estime « non durable » le projet développé, dont les 3 millions de clients annuels engorgeraient le secteur et condamneraient le commerce existant à Viladecans, ville de 65.000 habitants. Cette « mauvaise nouvelle pour le commerce catalan » est une « simple spéculation immobilière et municipale », selon le CCC, d’autant que la région du Baix Llobregat, à forte densité démographique, dispose de dix centres commerciaux. Cette caractéristique fait dire au ministre-conseiller de l’Entreprise et de l’Emploi catalan, Felip Puig, que la future zone, bien que légale, ne “répond pas au modèle économique de la Catalogne ». La mairie de Viladecans ne dissimule pas sa crainte du printemps 2016, car le trajet Barcelone-Viladecans est parfaitement couvert par le train, en quelques minutes. Le début des travaux de la fourmilière commerciale controversée, attendu dans l’été, soulève une autre problématique, car elle occupera des terrains initialement promis à accueillir le Parc aérospatial et de la Mobilité de Catalogne.

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