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La Clau
En 2014, le chef Ferran Adrià transformera le restaurant El Bulli en fondation
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Le célèbre restaurant El Bulli, établi dans la ville de Roses, sur la Costa Brava, fermera ses portes en 2012 et 2013, selon la volonté de son chef de renommée internationale, Ferran Adrià. Cette parenthèse, annoncée il y a tout juste un an, a suscité nombre d’interrogations sur les intentions du patron des lieux, où l’on accourt des cinq continents pour savourer la cuisine moléculaire dont il a le secret. Ce mardi a été divulguée l’information officielle quant au destin de l’établissement, qui rouvrira ses portes en 2014 pour devenir une fondation. Cet organisme à statut privé, dénommée « Bulli foundation », recevra une dotation en investissement de 600.000 à 800.000 euros, intégralement assumée par M. Adrià et son partenaire en entreprise, Juli Soler. Cette évolution du restaurant côtier, officialisée par Ferran Adrià depuis le Congrès de la gastronomie d’avant-garde Madrid Fusión, dont il est l’invité, repose sur un projet non-lucratif, dont le leitmotiv sera « La liberté de créer ». Le chef en personne y donnera des séminaires de divulgation de connaissances avancées et de « cuisine en temps réel », selon ses mots, sur un support fourni par les nouvelles technologies.

A 50 ans, Ferran Adrià prévoit une série de travaux de conditionnement de son établissement, qui a reçu lors de la dernière décennie une moyenne de 400.000 demandes de réservations annuelles, dont une proportion extrêmement faible a pu être honorée. Les repas servis, pour une moyenne de 300 euros par tête, seront servis cette année jusqu’au 30 juillet, avant la fermeture annoncée. L’ambitieux maître, qui considérait, ce mardi, que El Bulli est devenu dernièrement « trop prévisible », exige un « nouveau coup de fouet ». Il s’assure pour cela les services de M. Soler ainsi que de son propre frère, Albert Adrià, à la participation à cette nouvelle étape. La prochaine version du restaurant, confiée à l’architecte barcelonais Enric Ruiz-Geli, disposera d’un service d’archives de 50 ans d’histoire de l’établissement, proposé au sein d’une salle de projection attenante. Pour parfaire son financement, une club de partenaires, en cours de constitution, réunit déjà plus de 200 candidats. La volonté affiché par Ferran Adrià, dans un désir de postérité, est de transmettre « un esprit et une manière de concevoir la vie ». La création de cette fondation devrait combler son artisan, qui prévoit de révéler quelques procédés via Internet, depuis son antre légendaire.

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