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Dans un baroud d’honneur qui convaincrait le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, deux nouvelles voix s’élèvent pour réclamer le TGV Perpignan-Montpellier. Elle n’émanent pas des Pyrénées-Orientales, mais, pour la première d’entre elles, du groupe des Radicaux de gauche de la Région Languedoc-Roussillon. Celui-ci a lancé une pétition, le 31 juillet, en faveur d’une ligne « économiquement indispensable ». Le parti allié du PS, qui ne comporte aucun élu du Pays Catalan à Montpellier, évoque un « environnement budgétaire très contraint » et décrit l’étrange carte de la grande vitesse européenne, où le Nord de l’Allemagne est relié au Sud de l’Espagne, mais avec une « interruption » entre Languedoc et Russillon. Il avertit que le report des travaux, pourtant signifié début juillet par M. Ayrault, ne « pourrait être compris par nos amis espagnols qui ont investi pour être reliés au reste de l’Europe ».

Perpignan-Montpellier, maillon faible du Corridor Ferroviaire Méditerranéen

Pour sa part, le Partido Popular (PP) espagnol défend aussi le maillon manquant. Le 30 juillet, au travers de sa délégation de la région de Murcie, le parti du premier ministre espagnol, Mariano Rajoy a tout bonnement réclamé l’exécution« immédiate » de l’axe Perpignan-Montpellier. Pour l’Espagne, et plus particulièrement la Catalogne du Sud et les régions situées plus au Sud, la grande vitesse à partir de Perpignan avantagerait le transport de marchandises, plus que les voyageurs, qui préfèrent l’avion. Depuis janvier 2013, Madrid a enclenché la modernisation de la ligne ferroviaire qui traverse les régions de Murcie et Valence, jusqu’en Catalogne, afin de faire naître un « Corridor Ferroviaire Méditerranéen« . S’appuyant sur cette démarche dotée d’un premier investissement de 400 millions d’euros, la figure du très droitier PP à Murcie, Vicente Martínez, estime que« les rivières n’ont pas de patrons ni de frontières ». L’absence de ligne entre Perpignan et Montpellier constitue ainsi un problème international, car l’Espagne a besoin d’un droit de passage en territoire français. Mais la France, préoccupée par ses affaires internes, ne peut s’intéresser à cet aspect, d’autant que l’économie de son extrême Sud est nettement plus faible que celle de la Catalogne, Valence et Murcie.

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