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Depuis son inauguration, le 19 septembre à Puigcerdà, l’Hôpital de Cerdagne, premier établissement transfrontalier de l’ensemble de l’Union européenne, ne désemplit pas. Le 20 octobre, sa direction comptabilisait en un mois 1064 admissions aux urgences et 2261 consultations externes, tout comme 18 naissances, dont 5 enfants d’ascendance française. Un volant de 25 interventions chirurgicales conventionnelles et 16 autres en chirurgie ambulatoire a été accompli. Cet hôpital ultramoderne, au service des régions de Cerdagne, Capcir et Alt Urgell, doit son succès immédiat à l’affluence de patients français et à son dispositif d’Imagerie par résonnance magnétique (IRM), véritable avancée pour la région, sollicité 62 fois.

Des problèmes tenaces pour les citoyens français

La problématique transfrontalière reste présente dans l’établissement, car le choc persiste entre santé et administration. Le transport de défunts de nationalité française et la prescription de médicaments autorisés en Catalogne mais interdits en France sont des écueils majeurs. Les éventuelles enquêtes policières françaises auprès de suspects hospitalisés ne sont pas prévues. Par manque de gouvernance française, en dehors d’un champ politique perpicace, les 10 années de montage du projet ont fait l’impasse sur des réalités européennes faussement identiques. La machine hospitalière avec ces interrogations, malgré un budget de 31 millions d’euros. A ce sujet, l’inspectrice hors classe Catherine Barnole, au nom de l’Agence Régionale de la Santé Languedoc-Roussillon, reconnaît la faille : les « différences de compétences entre la Catalogne, très autonome, et les collectivités françaises, dépendantes de l’Etat sur de nombreuses questions », ont « délimité les enjeux du projet ». Les limites étaient déjà perpectibles en 2011, car la conception hexagonale a induit l’idée d’un prolongement de la France jusqu’à Puigcerdà.

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