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Le débat engagé cette année sur les stratégies du port de Port-Vendres était fondé sur des éléments bancals, sans grande rigueur. En février, une improvisation politique et administrative était révélée par la fédération d’associations écologistes FRENE 66 et le Collectif Associatif de la Côte Vermeille. Ces deux structures ont remis en cause le «Conseil portuaire» présidé par le conseiller départemental Michel Moly. Leur dossier transmis à la préfecture des Pyrénées-Orientales évoque un «trou noir» financier et une absence de comptes d’exploitation. Puis, en septembre, la bataille pour la prise en main municipale du port a été engagée par le maire de Port-Vendres, Jean-Pierre Roméro, appuyé par la population. Actuellement, la stratégie du port de Port-Vendres appartient à la Chambre de Commerce et d’Industrie des Pyrénées-Orientales. Il est admis de penser que le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales en est le «propriétaire».

La loi du 7 août supprime la gestion départementale

Le transfert de compétences du port de Port-Vendres, du Conseil départemental vers la mairie, est rendu possible par la loi pour une Nouvelle Organisation Territoriale de la République (Notre). Ce texte validé le 7 août simplifie la gouvernance des ports français en supprimant l’échelon de gestion départementale. A Perpignan, l’exécutif départemental céderait la compétence de gestion à la mairie de Port-Vendres, ou, le cas échéant, la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées en serait le titulaire au 31 mars 2016. Un syndicat mixte est envisagé, composé de plusieurs collectivités, sous arbitrage préfectoral. Cette éventualité plaît au maire, qui souhaite gérer la plaisance, peut-être la pêche, mais pas l’activité marchande, qui reste la raison d’être historique du site.

«L’Etat a gardé la propriété»

Dans un communiqué documenté, le Collectif Associatif de la Côte Vermeille (CACV) dénonce un «débat tronqué et truqué» lors de l’assemblée départementale du 5 octobre. Cette séance aurait occulté «l’état économique, la fin de concession de la Chambre de Commerce et d’Industrie et la propriété du domaine portuaire». Le CACV informe que le port de Port-Vendres est « tombé au dernier rang des ports du pays, que la concession de la CCI se termine en 2016 et non en 2019 comme prétendu, et surtout que le Département n’est pas propriétaire du port, c’est l’Etat qui a en gardé la propriété». L’imbroglio est intégral. Le CACV juge que la présidente du Conseil départemental, Hermeline Malherbe, ne peut pas opposer de refus d’intentions à Port-Vendres, car elle n’y est pas autorisée. Pour parfaire les difficultés, tous les ports de France ont été transférés à des collectivités territoriales. En guise de proposition, le collectif suggère une gestion confiée à la communauté de communes Albères Côte Vermeille «en misant sur la croisière, les grands yachts et un grand carénage». Il juge que le Conseil départemental «n’a rien à proposer d’autre que le sempiternel 3ème quai à 40 millions d’euros».

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