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L’épais dossier de la Ligne à Grande Vitesse Perpignan-Montpellier a reçu une petite avancée administrative mardi 21 avril. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, a signé un courrier dans lequel l’Etat confirme son appui en trois points. Par cette missive adressée au président de la Région Languedoc-Roussilon, Damien Alary, l’Etat s’engage à désigner une « personne responsable d’organiser et de coordonner le financement prévisionnel du projet », soit 6 à 8 milliards d’euros. Ce coordinateur général sera issu du Conseil général de l’environnement et du développement durable, chargé de conseiller le gouvernement par le biais du ministère de l’Ecologie, mais dépourvu de pouvoir de décision. Il présidera un comité technique et affrontera toute l’« l ‘ampleur et la complexité » du projet.

Le Languedoc-Roussillon vise la BEI et les 315 milliards du Plan Juncker

Dans l’immédiat, les études préalables devraient profiter du Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (MIA), sollicité à hauteur de 12,4 millions d’euros, la moitié de l’enveloppe. Une demande en ce sens, déposée auprès de la Commission européenne, est soutenue par l’Etat. M. Vidalies accepte aussi une requête de la Région Languedoc-Roussillon, qui souhaite obtenir la participation de la Banque européenne d’Investissement et du Plan Juncker, de 315 milliards d’euros, à saisir jusqu’en 2017. Officiellement, cette suggestion de grande importance sera étudiée par le coordinateur technique. Mais seul le financement français manque à la ligne, car l’Union européenne a réitéré son soutien, le 17 octobre 2013 à la seule condition que l’Etat participe. De la sorte, la demande régionale adressée au gouvernement induit une augmentation de la part de Bruxelles. Le courrier ministériel reconnaît une « dimension européenne évidente de cette opération » mais esquive le défaut national.

Bruxelles dit « oui » depuis 2013

La question des cordons de la bourse, et de l’envie de les dénouer, a déjà affleuré en décembre 2014 lors d’une rencontre Hollande-Alary. Le Président de la République a assuré le Président régional que le gouvernement soutiendrait la ligne auprès de Bruxelles. A la façon du monde à l’envers, cette annonce était une erreur, car le soutien européen est déjà ancien. Selon les meilleurs espoirs, une fois franchie l’étape des études préalables, une enquête publique est attendue fin 2016 ou début 2017, année cruciale de présidentielle. La mise en place de la future grande Région pilotée par Toulouse, et la marginalisation politique de Montpellier, ne devraient pas aider le sujet. Plus près de nous, un prochain comité de pilotage se déroulera en juin.

Courrier intégral d’Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux Transports.

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