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Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, et par extension le gouvernement, s’engagent vers une solution pour mettre fin aux déversements de marchandises espagnoles en France, notamment dans les Pyrénées-Orientales. Ce vendredi, le ministre a exigé un « bilan rapide » des actions menées depuis un mois avec l’accord de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes, notamment à Perpignan et au Boulou. La vague de filtrage de camions, passés par La Jonquera et le Perthus, a d’ailleurs pris une inquiétante tournure visant directement le Marché International Saint-Charles de Perpignan, ce vendredi. Mais elle devrait s’atténuer rapidement, car, dans le contexte de « concurrence déloyale » dont M. Lemaire a rappelé la réalité, tout en semblant découvrir que la « crise est bien réelle », une communication téléphonique a été établie ce samedi matin avec son homologue espagnole, Rosa Aguilar.

L’entretien entre les deux ministres sera logiquement suivi d’un ordre passé aux préfectures de faire stopper les contrôles, suite à l’entrée en jeu des diplomaties française et espagnole, dans le but de garantir la sécurité des marchandises espagnoles entrant ou passant par le territoire français. M. Lemaire, qui a regretté les actes violents des dernières semaines, se résout ainsi à appliquer le principe européen de libre-circulation des biens. Ce retour la normale, consécutif d’une période d’exception, devra comporter une coordination entre les autorités préfectorales et la gendarmerie, dont le rôle devient ainsi, étrangement, l’exact inverse de celui tenu depuis début juillet. Alors que les forces de l’ordre devaient encadrer les contrôles de camions espagnols, devenus des déversements menés par des agriculteurs parfois déchaînés, il s’agira désormais d’empêcher ces actes, potentiellement dangereux. D’autant plus que le syndicat espagnol Asaja promettait, ce vendredi, de saccager les produits français disponibles dans les supermarchés espagnols.

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