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L’agence de voyages Degriftour, qui privilégie sa promotion sur Internet face aux procédés plus anciens, a choisi l’été 2012 pour vexer la station littorale d’Argelès-sur-mer. Un message publicitaire en circulation depuis le 27 juin met en effet en scène un couple de quadragénaires de type parisien, employés à choisir leur destination de vacances. En quête de standing à moindre frais, l’homme suppute le choix de vacances de son coach sportif, un « ringard », et lance un pari espiègle : son épouse mise « 1000 euros sur Palavas-les-flots », l’époux rétorque « 2000 sur la Grande-Motte », avant de citer, dans ce qui semble être le pire imaginable, « Argelès !« . Cette moquerie, dans une technique de publicité comparative au bénéfice du meilleur contre le médiocre, est suivie de la destination « Les Seychelles », annoncée par la femme, selon la suggestion de Degriftour, contenue dans une enveloppe. Son mari poursuit alors : « Mais alors, ça sert plus à rien d’être riche ! ». Argelès, leader reconnu du camping à l’échelle de l’Union européenne, est largement dévalorisé par cette publicité.

Politiques touristiques axées sur la quantité

L’absence d’image cosy et de grands sites culturels, compensée dans la commune par une surexposition de l’idéologie du soleil, semble être visée par cette campagne d’un nouveau genre. Celle-ci a la vertu, car la publicité de laisse rien au hasard, de produire un effet miroir sur des politiques touristiques du Roussillon axées sur la quantité. En réaction, deux élus languedociens, le maire de Palavas, Christian Jeanjean, et celui de la Grande-Motte, Stéphan Rossignol, ont saisi la justice, en référé, dans le but de faire retirer la publicité de Degriftour.

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