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Après la révélation, en février, d’un assujettissement des prostituées de la maison de passe Lady Dallas, située dans la commune de Capmany, sans réelles conséquences, une pénalité judiciaire intervient à l’encontre du Paradise. Cet autre club, situé dans la zone industrielle de la commune voisine de La Jonquera, a fait l’objet, le 15 avril, d’une amende de 51.000 euros infligée par l’Agence Espagnole de Protection des Données (AEPD). Cet organisme public dénonce la présence de deux caméras de vidéosurveillance installées par la direction du club de l’homme d’affaires José Moreno dans les vestiaires des employées. Le bordel Paradise, symbole de la prostitution de masse en Catalogne, a fait l’objet d’une inspection des Mossos d’esquadra, la police catalane, en mai 2012, dans le cadre d’une opération de contrôle de ses systèmes de sécurité. Les agents ont relevé 16 caméras, fournissant des images enregistrées en permanence, conservées 10 jours et et consultables sur un écran disposé dans le bureau du directeur de l’établissement. Cependant, les images saisies sur deux d’entre elles, placées dans les vestiaires, montraient les professionnelles se déshabillant.

Des caméras inutiles à la sécurité

Cette « infraction grave », sanctionnée par la loi de protection des données espagnole, constitue, selon le rapport de l’ADPD, rédigé en juillet 2012, une « intromission dans l’intimité ». En marge de la nature particulière des services fournis dans cet établissement, la dignité des employées prévaut dans cette affaire, car les objectifs braqués sur elles n’avaient pas de fonction liée à la surveillance sécuritaire. Les systèmes incriminés semblent avoir permis à la direction de se rincer l’oeil, preuve malheureuse que la sphère privée mérite aussi d’exister chez les filles publiques.

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