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La volonté de réforme territoriale en Catalogne du Sud paraît engagée vers la possibilité sérieuse d’un État différencié de l’Espagne, au regard du succès de l’association « Mairies pour l’indépendance ». Au 3 juin 2012, cette structure fondée en décembre 2011 rassemblait en effet 459 municipalités sur un total de 947 et 23 « Conseils comarcals » sur 41. Essentiellement dirigée par des édiles membres de la coalition centriste Convergence et Union (CiU), au pouvoir au gouvernement catalan, et de la Gauche Républicaine de Catalogne, cette association puise sa philosophie sur le sentiment des villes et villages « moralement exclus de la Constitution espagnole ». Ses fondateurs sont Josep Maria Vila d’Abadal, maire de la ville de Vic, dans la province de Barcelone, et Josep Maria Cervera, maire du Port de la Selva, à proximité de Cadaqués. La province de Girona, voisine immédiate du Pays Catalan de France, présente la singularité de rassembler le plus fort assentiment à ce mouvement. Les communes de la « comarca », ou micro-région du Pla de l’Estany, autour de la ville de Banyoles, adhèrent ainsi à 91 %, ses voisines dépassant 70%. Parmi les villes d’importance, Girona est la première capitale de province engagée.

La Commission européenne est saisie

Le désir d’indépendance catalan, généralement interprété par l’Espagne politique et médiatique comme un abus, consolide ses positions en Catalogne du Sud, par d’autres biais, notamment européens. Sur ce plan, une « Initiative citoyenne » présentée à la Commission européenne par le parti politique Reagrupament, le 1er avril 2012, a reçu une réponse précise, le 30 mai. La Commission envisage une possibilité de négociation au sein de l’ordre juridique international mais n’identifie aucune base juridique parmi les traités de l’Union européenne. Un autre principe de revendication souverainiste est une campagne d’insoumission fiscale, également lancée en décembre 2011, invitant les chefs d’entreprise à régler leurs parts de TVA à une « Agence fiscale catalane » symbolique. Ce procédé surprenant découle de la problématique de la transmission annuelle, sans retour, de 16 milliards d’euros d’impôts catalans à Madrid. Dans ce sens, une solution partielle à la crise économique est défendue par le Président catalan, Artur Mas, promoteur d’un « pacte fiscal », consistant à collecter l’ensemble des impôts en Catalogne.