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La colère d’une partie du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) des Pyrénées-Orientales, confrontée à la concurrence de la Catalogne du Sud, s’est exprimée par un symbole violent, le 19 février à Bourg-Madame. Au coeur de la région de la Cerdagne, partagée entre les territoires français et espagnol, une cinquantaine d’ouvriers et dirigeants d’entreprises présents ont littéralement muré l’ancien passage frontalier. Cette action, qui a comporté l’installation de parpaings, sans ciment, a donné lieu pendant plusieurs dizaines de minutes à la vision d’une barrière physique, jamais vue dans l’Histoire.

La communication s’arrête au mur

La stratégie employée devait dénoncer la situation insoutenable de nombreux professionnels du territoire français, confrontés à l’impossibilité de travailler en territoire espagnol, alors que leurs homologues de basse-Cerdagne bénéficient d’une compétitivité accrue. Ce panorama, avoué en juin 2012 comme un « syndrome du maçon espagnol« , oppose des entreprises françaises à des entreprises espagnoles à compétitivité supérieure, dans une dure réalité, notoire en Cerdagne, qui s’installe durablement dans les zones de plaine. A leur échelle, les travailleurs lésés expriment un désespoir certain, tandis que la CGT, désignant l’échelle supérieure, s’en prend à l’Union européenne malgré l’existence de l’échelon français. Cependant, faute de communication orchestrée vers la Catalogne du Sud, l’opération de Bourg-Madame a manqué sa cible.

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