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La mairie de Céret, au Sud des Pyrénées-Orientales, effectue ce vendredi 17 mai le traditionnel envoi de cerises « primeurs » de sa coopérative au chef de l’Etat, avec la préfecture du territoire. Le maire, Alain Torrent, et le préfet, René Bidal, se prêtent à une cérémonie dont Paris est l’horizon maximal. Mais au Sud du proche massif des Albères, la visée internationale progresse à vue d’oeil à l’exemple de la coopérative Edoa, de Sucs, à l’extrême Ouest de la Catalogne, dans la région de Lleida. Cette entreprise fondée en 2002 commercialise depuis plusieurs semaines ses « cerises de mars », obtenues sous serre et expédiées à 95 % vers l’étranger, essentiellement en Russie, au Canada, en Grande-Bretagne, à Dubai, au Qatar ou encore à Singapour, à Monte-Carlo, Nice et Paris. A Londres, ces cerises baptisées du nom sexy de « Cherries glamour », sont disponibles dans les enseignes de standing Harrods et Mark & Spencer. Edoa, entreprise fondée en 2002, garde jalousement un brevet permettant d’obtenir des fruits en milieu tempéré, sur le modèle des cultures maraîchères. Profitant naturellement, comme les régions du Roussillon et du Vallespir, d’un avantage géographique face aux zones de production de l’hémisphère Sud, elle cultive également à l’air libre, avec l’apport de 178 coopérateurs, et profite de deux cueillettes espacées de quelques semaines.

Plantation catalane de cerisiers en Californie

Les caractéristiques de de la coopérative Edoa, dont la gestion conquérante range les Pyrénées-Orientales dans le XXe siècle, permettent de présenter sur le marché international la cerise la plus chère du monde. En effet, dès la fin de l’hiver, jusqu’en mai, le chargement immédiat des fruits sur des camions et avions réfrigérés permet de les présenter le lendemain, ou le surlendemain au plus tard, dans les épiceries fines de grandes villes étrangères, selon une exigence de compétitivité accrue. Un prix de vente extraordinaire, jusqu’à 105 à 130 euros le kilo, correspondant à 1,50 euro la cerise, est ainsi exigé, par addition de cette performance du temps de livraison, à laquelle s’ajoutent les coûts de mise en température des serres et de maintenance des systèmes. Pour augmenter ses volumes, passés de 10 tonnes en 2005 à 70 tonnes en 2012, cette industrie cerisière prévoit pour 2014 le démarrage de son activité en Californie, où elle produira en collaboration avec un partenaire ancré. Cette implantation permettra de fournir de nouvelles régions du monde, par un savoir-faire qui en dit long sur l’aptitude de la Catalogne du Sud, en proie à la crise, à faire du neuf avec du vieux et à dépasser les anciens cadres nationaux. Pour couronner ce succès, les imitations du procédé sous serre, tentées aux Etats-Unis, en Israël et même en France, ont échoué.

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