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Le festival international de photojournalisme Visa pour l’Image 2015 s’est terminé le 16 septembre à Perpignan, mais un échantillon reste visible en Pays Catalan. Pour la première fois, le forum planétaire de l’actualité fouillée se déplace à l’extérieur de la capitale du Roussillon. Dès le 17 octobre, une exposition du reporter italien Giulio Piscitelli s’inscrira dans les murs de la Maternité Suisse d’Elne. Ces travaux, intitulés «De là‐bas à ici : l’immigration et l’Europe‐forteresse», abordent la crise des migrants au travers des camps précaires de réfugiés, centres de rétention et checkpoints. L’auteur, âgé de 34 ans, a parcouru pour cela le désert du Sahara, rejoint le centre de rétention italien de Ponte Galleria et suivi les populations africaines ralliant le port sicilien de Pozzallo. Son parcours l’a également mené en Serbie, en Grèce, en Libye, en Tunisie ou encore au Soudan.

Une résonance inédite à Elne

Les clichés de Giulio Piscilelli annoncent une résonance unique avec la Maternité Suisse d’Elne, lieu de migrants lors de la Seconde guerre mondiale. Au lendemain de la Guerre d’Espagne, ce lieu inscrit depuis dans les parcours de l’Europe mémorielle a vu naître 585 enfants, de 1939 à 1944, sur l’initiative combattante de l’infirmière Elisabeth Eidenbenz, décédée en 2011. La délocalisation de cette exposition, de Perpignan vers l’ancienne capitale spirituelle du Roussillon, promet un questionnement sur le défi actuel de la gestion des flux migratoires. Pour le maire, Yves Barniol, le partenariat noué avec Visa pour l’Image «instaure ici un dialogue entre Histoire, territoires et actualité internationale». A voir du 17 octobre au 17 novembre, du mardi au dimanche, de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h.