Langue

La prochaine édition du festival Visa pour l’Image présentera à Perpignan le nouveau bruit du monde, avec une trentaine d’expositions. La photojournaliste Louisa Gouliamaki, témoin des manifestations grecques, retranscrira une violence urbaine absente des médias généralistes. Les « Cimetières électroniques », alimentés d’ordinateurs et smartphones usagés, pour un recyclage industriel, seront décrits par Stanley Greene, auteur d’images réalisées au Nigeria, en Inde, au Pakistan et en Chine. Les Etats-Unis feront également au programme de cette 24e édition, à travers l’exposition « Ces États d’Amérique », qui pointe du doigt les territoires américains où sont prônées la haine et le racisme ainsi que le mépris de l’environnement. Cette réalisation de l’Américain Jim Lo Scalzo, qui pose un regard extérieur sur son propre pays, aura son équivalent sud-africain, manifesté par la démarche d’Ilvy Njiokiktjien et son exposition intitulée « Sang afrikaner / La génération née libre ». Cette femme journaliste constate comment s’organise le rejet des avancées postérieures à l’apartheid, par le biais d’une extrême droite agissant sur les esprits d’adolescents blancs.

Pas d’auto-critique sur la France et la Catalogne du Nord

Cette édition ménagera une place aux travaux de Stéphanie Sinclair sur « Ces petites filles que l’on marie« , consacrés aux mariages d’enfants en Afghanistan, au Yémen, en Inde et en Éthiopie, rendant compte de réalités cruelles, impliquant parfois des fillettes de neuf ans. Ajoutée aux autres, cette situation concrète pourra faire regretter l’absence d’introspection sur la France et sur la Catalogne du Nord, dont l’auto-critique sera subtilement remplacée par des problématiques extérieures, devenant rassurantes par effet de contraste. Cette 24e édition, à vivre du 1er au 16 septembre, comportera des « Visas d’or », attribués selon quatre catégories, six soirées de projection et six prix , remis selon 10 critères, dont la presse quotidienne et le web documentaire.