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Le serpent n’est pas seulement un reptile parfois redoutable, c’est aussi un instrument de musique, en forme de S. Ce lointain ancêtre du tuba produit une sonorité à la fois profonde et douce, génère autant de rondeurs sonores qu’il en détient de visuelles. Le Conservatoire de Perpignan propose un concert autour de cet instrument singulier, ce samedi 4 décembre à 15h. Cet événement est gratuit, mais la réservation est recommandée, en raison du Covid.

On apprend à jouer du serpent à Perpignan

L’auditorium recevra ce concert de serpent à l’issue d’une masterclass suivie par un groupe d’élèves du département de Musiques Anciennes du Conservatoire. Le professeur Volny Hostiu, spécialiste de ce drôle d’animal musical, figurera parmi les musiciens. Venu du Conservatoire de Rouen, cet expert du serpent bénéficie d’une reconnaissance internationale. Il est également chercheur auprès de l’Institut de Recherche sur le Patrimoine Musical en France, un laboratoire du CNRS, créé en 1996.

A l’origine, le serpent faisait partie des instruments appréciés d’église en France, où sa présence est attestée dans certains offices religieux dès la décennie 1590. Soutenant le plain-chant des chorales ecclésiastiques, on le retrouve dans les fanfares militaires au XVIIIe siècle, avant son remplacement progressif par le tuba ou le cor. A l’époque, les hommes chargés de le faire résonner ce tube de 2,40 mètres de longueur sont appelés « sonneurs de serpent ». Cet étonnant instrument de bois, qui fait néanmoins partie de la famille des cuivres en raison de son mode d’émission du son (par vibration des lèvres dans son embouchure) est généralement recouvert de cuir très fin.

Après avoir été abandonné au XIXe siècle, le serpent a été tiré de l’oubli dans les années 1980, en Grande-Bretagne, puis notamment introduit dans la musique ancienne et dans le jazz, en France.

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