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Le groupe de rock Sopa de Cabra, fondé à Girona en 1986, a débranché ses guitares en 2001, sans aucune fâcherie entre ses membres. Cette formation qui a fait le tour de la Catalogne du Sud et donné deux concerts à Perpignan au début des années 1990 a choisi cette année de remonter sur scène, sans pour autant se reformer. Cette formule intermédiaire, au goût de revival lié à l’approche de la cinquantaine, ne devait comporter qu’un seul concert, au Palau Sant Jordi de Barcelone, le 9 septembre. L’avalanche de réservations a provoqué l’organisation de deux autres prestations, les 10 et 11 septembre, puis des sollicitations des villes de Girona, Tarragona, et Palma de Mallorca. Les « Sopa » referont vibrer leur ville le 30 septembre, mais aussi le 1er octobre, car, là aussi, le public a répondu en masse, motivé par des retrouvailles, prévue à la halle des sports de Fontajau face à 10.000 spectateurs.

Si le temps des concerts à 500 pesetas a basculé vers une tarification à 28 euros, les cinq membres du groupe, menés par le chanteur, poète, acteur et présentateur de télévision Gerard Quintana, sont fermement décidés à fournir 3 heures de show. Depuis les chansons au son et aux textes précaires de leur débuts, en catalan et en espagnol, dans une époque imprégnée des décalages musicaux espagnols, les Sopa de Cabra ont su s’adapter aux standards du pop-rock mondial, sauf dans leur habillement, en réussissant leur stratégie commerciale. Les milliers de personnes qui profiteront de leur mini-tournée insoupçonnée accompagneront l’ouverture d’une nouvelle page de l’histoire de la culture catalane moderne. Ce groupe, qui a incarné, 10 ans après les Français Téléphone, la possibilité d’adapter à sa propre langue le style des Rolling Stones, a la conscience de la page refermée.

Ce retour temporaire devrait démontrer la maturité culturelle de la Catalogne du Sud, dont l’ère de la modernité, acquise de dure lutte et en retard, lors des dernières années du franquisme, est tellement dépassée qu’elle peut faire l’objet d’un retour en arrière, pour le plaisir, avec un soupçon de business. Le quintet de Girona reversera une partie des bénéfices de certains concerts aux association caritative, tandis que se profile la réédition de ses singles, d’un DVD live et d’un livre rétrospectif.

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