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Une enquête pour dégradation de patrimoine archéologique est en cours à Port-Vendres suite au dépôt de plainte des associations Frene 66, Port-Vendres et les Port-Vendrais, et le collectif Les Tamarins. Cette démarche dénonce les travaux portuaires, jusqu’à trois mètres de profondeur de roche, effectués sur le site archéologique de la « Cité de Vénus », vieille de 2500 ans. Ces opérations aveugles, menées entre mars et juin derniers, ont consisté au curage et au retrait de roche, pour le confort des bateaux. Les dommages collatéraux sont très graves, car de grands blocs blancs, taillés comme dans les sanctuaires, ont été retirés des eaux. Or, une quinzaine d’épaves datant de l’Antiquité grecque gisent dans les eaux portvendraises. Les associations dénoncent des manoeuvres « sans concertation, sans fouille préventive et sans autorisation administrative ».

«La France pourrait faire l’objet d’une plainte devant l’ONU»

Lors de ces travaux ravageurs, Frene 66 (Fédération pour les Espaces Naturels et l’Environnement) avait alerté une lettre ouverte aux ministres de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, et de la Culture, Franck Riester, le 18 mai. Le « saccage archéologique en puissance », que nous évoquions, est désormais confirmé. Mais la sauvagerie de cette destruction est un choc, à l’heure où le patrimoine fait l’objet d’une exaltation générale. Les opérations, menées par le Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales, se sont déroulées au droit des quais de la République et de la Presqu’île, en dehors du secteur de la plage des tamarins, seul espace habilité à être exploré. Selon ces irrégularités, la France, signataire de la convention sur la protection des vestiges archéologiques sous-marins, « pourrait faire l’objet d’une plainte devant l’ONU », soulignait Frene 66 le 17 septembre. En guise de pièces à conviction, le procureur de la République à Perpignan a ordonné la mise sous scellés des milliers de tonnes de schistes insulaires retirés du port.

De nombreux naufrages provoqués par la tramontane

Ce chantier illégal agresse «Portus Veneris», ensemble de constructions révélé par des fouilles sous marines effectuées depuis 1983. Des fragments de colonnes, de corniches et de frises, signifiant qu’un monument romain a existé au niveau de l’anse Gerbal, y ont été récupérés. Le temple dédié à Venus était certainement situé là, avant l’aménagement d’un port. En des temps anciens, de nombreux naufrages se sont produits en ce lieu lors d’épisodes de forte tramontane et de mer fortement agitée.
En Pays Catalan, Port-Vendres est le lieu détenant la plus forte densité d’éléments relatifs à l’archéologie sous-marine.

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