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La figure de Salvador Dalí revient avec force en France par une rétrospective inaugurée le 21 novembre au Centre Pompidou parisien. Jusqu’au 25 mars, plus de 200 oeuvres de l’artiste de Figueres sont présentées, dans ce qui constitue l’ensemble le plus important réuni en France depuis 1979, année d’une rétrospective dans le même lieu. Cette occasion offre à la vue des peintures, sculptures, vidéos et installations, dont la fameuse « persistance de la mémoire » de 1931, surnommée « les montres molles ». Ou encore le « Grand masturbateur », de 1929, autre oeuvre surréaliste à rapprocher de l’onanisme dalinien, précédant sa rencontre avec Gala, sa future épouse. Des créations moins célèbres et moins reproduites sur les supports commerciaux sont également présentes, à l’instar de « Le Cannibalisme des objets, avec écrasement simultané d’un violoncelle« , de 1932, à inscrire dans le mouvement surréaliste que Dalí avait rejoint en 1929 à Paris.

Un bon et un mauvais Dalí ?

Cet évènement, qui promeut au passage la ville de Figueres, permet une relecture française du parcours de l’artiste, dont le principal site d’exposition dédié est le Salvador Dalí Museum de St. Petersburg. Il apparaît plus nettement une vie scindée par la Seconde Guerre mondiale, où le jeu de performances se mêle à l’art pictural strict et à la littérature, tandis que la vidéo prend sa place avant l’heure, les sciences n’étant pas loin. Mais un penchant plus affirmé envers le profit éclaire la seconde étape, la célébrité des montres conçues comme des camemberts coulants précédant des années plus cyniques. Souvent, Dalí le médiatique, dans des attitudes célèbres en France et aux Etats-Unis mais méconnues dans son pays, rend frivole un propos parfois implacable. Provocateur à souhait par déficit de personnalité sociale, l’homme qui a transmis au monde entier l’image de la côte rocheuse catalane et du massif des Albères se donne à voir à Paris jusqu’au 25 mars 2013, dans une approche différente de celle de son Théâtre-Musée de Figueres. Car au-delà d’un bon ou d’un mauvais Dalí s’ajoutent un Dalí français, un autre catalan, et encore un autre espagnol, en plus d’un américain avide de shows télévisés. Seul l’assemblage de ces quatre facettes permet d’avoisiner le réel de l’artiste, polyglotte mais unitaire dans sa pensée.

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