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En toute discrétion, la statue « La rivière », réalisée de 1938 à 1943 par le sculpteur Artistide Maillol, fait l’objet d’une transaction exceptionnelle de 6,1 millions d’euros. Une vente aux enchères, effectué le 2 décembre 2013 par la représentation parisienne de la maison américaine Sotheby’s, a débouché sur cette somme astronomique, qui pulvérise les anciens records détenus par l’artiste né à Banyuls-sur-mer en 1861. La cote de Maillol avait manifesté une hausse spectaculaire en 2000, suite à l’achat, pour 2,27 millions d’euros, de l’oeuvre « L’air », finalisée en 1938, tandis que l’une de ses ébauches occasionnait l’investissement d’un amateur, à hauteur de 584.218 euros. « La rivière », statue de plomb faisant figure d’allégorie de l’horreur de la Seconde Guerre mondiale, est la dernière oeuvre monumentale du rénovateur de la sculpture européenne du XXe siècle. Ce nu féminin allongé sur le côté gauche représente une femme prostrée, en tentative de résistance au courant historique qui l’entoure et l’entraîne. En parallèle, la vente de décembre a été l’occasion de céder, pour 596.610 euros, l’oeuvre inachevée « L’harmonie », l’ultime imaginée par l’artiste, mort en septembre 1944 suite à un accident de la route. Les trois oeuvres provenaient de la collection de Dina Vierny, muse de l’artiste de 1935 à 1944, disparue en 2009. Devenue collectionneuse d’art, cette fine stratège avait lancé une galerie d’art à Paris dès 1947, puis la Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, dans la même ville, en 1995.

Vente polémique d’une collection miracle à Nice

L’intérêt renouvelé pour Maillol, dont le capital patrimonial échappe au Pays Catalan, était encore démontré le 28 novembre, lors d’enchères exceptionnelles organisées à l’hôtel des ventes de Nice. Un ensemble de 900 œuvres, dont 600 dessins et 36 précieux carnets de croquis, a été dispersé à cette occasion, à des prix échelonnés de 400 à 61.000 euros. Cette collection miracle, abritée dans les coffres de deux établissements bancaires de la ville de Menton, a été localisée suite au décès, au printemps 2013, de sa propriétaire, Mlle Wessell, compagne du fils unique de l’artiste, Lucien Maillol, mort en 1972. La séance de vente a précédé une polémique, car l’actuel héritier de Maillol, Olivier Lorquin, fils de Dina Vierny et président du Musée Maillol de Paris, y voit un détournement. Selon lui, les centaines d’œuvres mises aux enchères auraient été prélevées indélicatement de la maison familiale des Maillol, à Banyuls, dans le sillage de la disparition du fils du sculpteur, avant d’être transportée sur la Côte d’Azur. La version du détournement est corroborée par les affirmations appuyée de l’arrière-petit neveu d’Artistide Maillol, Yvon Berta, interrogé par France 3 le 28 décembre.

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