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Plus d’un an après le déclenchement de l’affaire des faux tableaux du peintre Etienne Terrus, révélée par l’historien de l’art et commissaire d’expositions Eric Forcada, le silence s’est fait sur la question des auteurs de contrefaçons. Mais une enquête du quotidien The Guardian, publiée le 15 juin, éclaire cette imitation d’oeuvres et de signatures. Si en 2018 l’affaire a retenti jusqu’en Australie, au Japon, en Russie, aux Pays-Bas ou en Allemagne, le sujet rebondit à Londres cette année. Dans un article fouillé, intitulé « They didn’t look old enough: who filled a French art gallery with fakes? » (Cela n’a pas l’air assez vieux : qui a rempli de faux une galerie d’art ?), le Guardian raconte comment 60 oeuvres de Terrus ont fait irruption en 2015 sur le marché. Intermédiaires, associations naïves, particuliers et mairie dupés illustrent l’affaire, résumée par 60% de la collection du Musée Terrus, révélée fictive.

Piste chinoise et ventes aux enchères peu scrupuleuses

Au total, 82 fausses œuvres sur 140, pour une valeur d’environ 160 000 euros, ont été réunies à son insu par la mairie d’Elne. Il s’agit d’une contrefaçon low cost, visant un artiste peu connu, dont l’oeuvre est commercialement peu cotée. The Guardian affirme que les faussaires «ont de plus en plus de mal à pénétrer les hautes sphères d’un marché mondial de l’art saturé de contrefaçons (parfois jusqu’à 50%) (…) ils se sont tournés vers des œuvres moins importantes ». La valeur d’un vrai Terrus, soit 6 000 euros, a été abaissée dans le cadre d’une stratégie impliquant « deux marchands » et « une vente aux enchères avec huissiers de justice », affirme le journal. Celui-ci cite aussi « un ancien agent immobilier habitant dans la région » et un certain « Monsieur X » recevant des montres de luxe pour une valeur de 25 000 euros.
The Guardian évoque enfin la figure de Franck Amiel, collectionneur d’art habitant Saint-Paul de Fenouillet. A l’évocation d’un revendeur de tableaux connu dans le milieu, en Pays Catalan, cet esthète affirme sans détours : « Il nous a tous baisés ! ». Au demeurant, l’affaire reste nébuleuse et l’origine des nombreuses fausses peintures, entrées dans la collection du musée Terrus, pour certaines dès 2003, reste un mystère. En Roussillon, un réseau de contrefaçon serait orienté d’un côté vers les musées et les clients bourgeois, de l’autre vers les foires et salons, événements variés et maisons de vente aux enchères. Certains tableaux seraient produits en Chine.

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