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A partir de ce jeudi 23 juin, le musée Rigaud de Perpignan rend hommage à la famille industrielle des Bardou, et à son attachement à l’art, à travers plus de 180 œuvres exposées. Une exposition intitulée « La Belle Epoque des Bardou » retrace les habiles stratégies publicitaires imaginées en Pays Catalan, au profit de marques de papier à cigarettes dont la filiation actuelle revient notamment aux carnets OCB. Après que Jean Bardou (1799-1852), s’inspirant des techniques sud-catalanes pour la fabrication de ce type de papier, ait mis ses descendants sur la voie du succès économique, ses fils Joseph (1823-1884) et Pierre (1826-1892), ont conquis le monde, avec respectivement les papiers à cigarettes Le Nil et JOB. Esthètes et patrons visionnaires, ils ont su utiliser les arts graphiques et mettre à contribution les meilleurs peintres et affichistes, comme la Toulousaine Jane Atché ou encore le Tchèque Alfons Mucha, au bénéfice entier de l’économie industrielle du Roussillon. Cette puissance financière roussillonnaise a également été mise en valeur, en son temps, par les réalisations de l’architecte danois Viggo Dorph-Peterssen. On doit à ce designer les châteaux roussillonnais qui portent le nom de la famille Bardou, souvent témoins de riches alliances, comme avec les Ducup de Saint-Paul à Perpignan et surtout les Pams à Valmy, sur la commune d’Argelès, sans oublier le château d’Aubiry à Céret.

Dans cette exposition, visible jusqu’au 9 octobre, l’impressionniste Ramon Casas, l’un des pères du modernisme catalan, et le peintre réaliste Lluís Graner, sont représentés par leurs étapes parisiennes. Enfin, les artistes nord-catalans sont présents, surtout les sculpteurs, avec Alexandre Oliva, Gabriel Faraill ou encore Raymond Sudre et également un bas-relief en partie émaillé d’Aristide Maillol, et deux jarres du sculpteur Gustave Violet. Enfin, un autre artiste roussillonnais est présent, il s’agit du céramiste Pierre-Michel Bardou-Job (1887-1937), petit-fils de Pierre Bardou-Job, qui racheta l’atelier Saint-Martin de Prades, où Violet réalisa une grande partie de son œuvre.

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