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Le fondateur du festival Visa pour l’Image de Perpignan, Jean-François Leroy, tremble pour l’avenir du photo-journalisme. Ce métier, en crise depuis 20 ans, est défié par les technologies numériques, qui permettent de produire et diffuser des clichés, pour un coût proche de zéro, via un appareil grand public ou un vulgaire téléphone portable. Cette évolution est déconcertante pour les tenants français des procédés traditionnels, parfois corporatistes, au nom desquels proteste le patron de l’évènement perpignanais. Dans un entretien accordé le 6 août à France Inter, M. Leroy déclarait « il y a de plus en plus de gens qui font de la photo, et de moins en moins de photographes ». Affirmant « je ne connais pas 5 photographes qui vivent exclusivement du photo-journalisme » en défense d’une profession en voie de disparition, le directeur du festival n’hésitait pas à évoquer la précarité croissante des hommes et des femmes postés sur les théâtres où se construit l’histoire du monde.

La prépondérance de la quantité peut en effet devenir un danger pour ces journalistes de terrain, les rédactions de presse puisant régulièrement dans des agences créées sur Internet et alimentées de photographies, notamment d’amateurs, parfois bradées à 5 euros. En conséquence, la crise du photojournalisme, déjà signalée avec inquiétude par Jean-François Leroy, conditionne l’avenir de Visa pour l’Image. La révolution de l’image, produite par la démocratisation des technologies, menace l’identité de ce festival, qui pourrait être forcé à modifier ses critères au cours de la décennie actuelle. Fréquenté par 250.000 personnes en 2010, ce rendez-vous de fin d’été en Pays Catalan est le plus important du territoire à l’échelle annuelle.

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