Langue

Doter Perpignan d’un centre d’Art contemporain était un souhait ambitieux exprimé l’automne 2012 par l’intégralité du conseil municipal. Le maire, Jean-Marc Pujol, l’a inauguré 5 mois avant les élections municipales, le 12 octobre 2013, place du Pont d’en Vestit, en face de l’école des Beaux-Arts, dans un désir de dialogue entre les deux structures. Selon le premier magistrat, ce centre d’Art Walter Benjamin, du nom du philosophe juif allemand suicidé à Portbou, signalait que « La révolution commence à Perpignan ». Il devait même « donner du sens au Perpignan de demain » en devenant carrément un « lieu de liberté pour les Perpignanais ». Mais l’école des Beaux-Arts a fermé ses portes en 2016 et aucun artiste de réelle envergure internationale n’a fait décoller le centre. Au printemps 2017, le protagoniste majeur de la politique artistique municipale est redevenu le Musée Hyacinthe Rigaud, dont l’actuelle exposition « Clavé – Sur le front de l’art », ouverte jusqu’au 12 mai, aborde justement un contemporain, Antoni Clavé, mort en 2005.

Trop d’espaces d’Art contemporain à Perpignan ?

En 2019, le centre d’Art Walter Benjamin, devenu inutile par effet de doublon, révèle davantage avoir été un objet électoraliste destiné à séduire la gauche culturelle perpignanaise en 2014. Il démontre que Perpignan n’a ni la jauge ni les finances pour disposer de deux lieux artistiques sérieux. Un espace de la fondation artistique Osten comprenant un espace d’exposition et un autre réservé à des résidences de créateurs, attendu prochainement à la place de l’école des Beaux-Arts, doit donner à la cité une teinte d’Art contemporain déjà représentée par un autre centre, « A Cent Mètres du Centre du Monde », qui oeuvre en partenariat avec la mairie. En attendant, l’ex-centre Benjamin est en vente très discrètement par la mairie, dans l’attente d’une destination. La valeur de ce lieu de 650m² s’élève à 650.000 euros.

Partager