Langue

L’artiste perpignanais Raphaël Dumas, immergé dans les musiques électroniques depuis 1993, semble désormais approcher une forme de plénitude. Dans son album Coblism, paru en 2011, ce petit-fils de musicien de bal présente un héritage musical novateur, dans lequel interviennent les sons de l’artifice, ou prélevés sur des microsillons datant parfois des années 1950. Il leur même les sons de la cobla, dont les 11 musiciens se consacrent à la musique de tradition catalane. Le 16 avril, une version augmentée de cette formule, à écouter ou à danser, est donnée au Palais des Congrès de Perpignan en compagnie de la Cobla Sant Jordi. Samples, instruments physiques et alchimie du direct promettent une prestation peu imaginable au XXe siècle. En effet, si la critique musicale décrit DJ Raph comme un modernisateur de sons enracinés, il peut s’agir du contraire : dans le concert mondialisé, les musiques électroniques, nés de l’ère post-industrielle occidentale, trouvent des racines.

Un son exportable, sans poussière

Loin d’être militant, le mariage de styles inventé par Raph Dumas fonctionne sur l’harmonie et le plaisir. Les sons de la tenora et du flabiol, instruments propres à la Catalogne, trouvent un nouveau relief au sein de l’univers électro, selon un concept abouti, au contraire de certaines tentatives sud-catalanes. En effet, depuis les années 1970, le groupe Companyia Elèctrica Dharma a marié la cobla au jazz et au rock, puis le batteur de jazz Santi Arisa a fait naître le style « Sardanova« , mais l’approche électronique n’a pas porté ses fruits. Coblism, donné en janvier à l’Auditori de Barcelone, montre un renouvellement artistique exportable, dégagé de revendications poussiéreuses. A Perpignan, les rythmes funk et soul se mêleront aux arrangements des compositeurs Vicenç Vidalou, formé à Céret, et Enric Ortí, musicien de la Cobla Sant Jordi, formé à Barcelone.

Partager

Icona de pantalla completa