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Robert Descharnes, le dernier secrétaire de Salvador Dalí, avec qui il avait partagé une complicité de 40 années, est décédé samedi 15 février à l’âge de 88 ans. Biographe et confident du peintre, ce photographe français avait fait la connaissance de l’artiste et de son épouse Gala sur le paquebot America, effectuant la liaison entre l’Europe et les Etats-Unis, en 1950. Considéré comme expert dans la lutte contre les faux du peintre surréaliste, Robert Descharnes avait publié une dizaine d’ouvrages issus de ses archives photographiques, cinématographiques et manuscrites, souvent assortis de ses récits. Son « Dalí, l’oeuvre peint », paru en 2000, constitue la référence la plus aboutie de celui qui était devenu le secrétaire particulier de Dalí en 1981, soit 8 ans avant sa disparition. Robert Descharnes avait également assuré le commissariat ou le conseil des plus grandes expositions daliniennes dans les plus grands musées du monde, notamment à Tokyo en 1964, à Rotterdam et 1970, à Paris en 1979 et à Londres en 1980. Ce dernier grand témoin de l’imaginaire et de l’intimité du plus célèbre des habitants de Figueres était particulièrement chargé d’effectuer les photographies préparatoires de ses futures réalisations, tâche dont il avait tiré la vision privilégiée d’un processus créatif inégalé.

Un exposition « Dalí-Descharnes », à Murcia

La relation particulière entretenue par Salvador Dalí et Robert Descharnes fait l’objet d’une exposition de 150 photographies, signées Descharnes, inaugurée le 30 janvier au Musée d’Archéologie de Murcia. Cette rétrospective, qui suscite la question de l’importance de l’un par rapport à l’autre, les liens les unissant et l’influence de maître du pinceau sur celui de l’objectif, voire le contraire, est intitulée « Dalí de Cadaqués ». Présentant 130 clichés réalisés entre les années 1950 et 1980, elle vient à démontrer que le photographe français a modelé en bonne partie l’image de Dalí, mondialement commercialisée, de son vivant et post mortem.

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