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Le peintre Michel Arnaudies choisit Perpignan pour révéler une série artistique intitulée « Papiers ». L’enfant de Céret, porté sur la peinture puis sur l’écriture au travers de romans, contes poétiques et livres d’artiste, présente ses créations sur papier à compter de vendredi 9 mars dans la capitale du Roussillon. Cheap, vulgaire, méprisé ou évident, le papier n’est pas un support anecdotique pour le créateur, qui lui a consacré une riche production. Libre dans ses gestes, au sein d’un univers débridé et poétique, l’artiste colore et colle, il incruste, déchire et malmène les feuilles blanches. Sa démonstration est à voir en chapelle de la Funerària, attenante du Camp Santo à partir de samedi 9 mars, jusqu’au 12 avril. Entre obsession du néant et de l’effacement, tenté par le minimalisme, Arnaudiès mêle la famille et les chambres, les oiseaux et l’empreinte graphique.

46 années de papiers à Céret, ville reine de l’art

Poète sans école, peintre sans académie, citoyen sans Etat, mais habitant d’une ville artistiquement reine, l’artiste se revendique volontiers de l’action painting dans sa tentative d’impression du mouvement et de la vitesse, voire de l’énergie. Ses œuvres sur papier, additionnées patiemment depuis de 1973, laissent affleurer les vertiges de la solitude, les alternatives sociales et la contrebande symbolique. Puisant chez Samuel Beckett et Albert Camus, Marcel Duchamp et Antoni Tàpies, ami de l’universitaire visionnaire Henri Solans et du peintre de débauche Jean Capdeville, Arnaudiès se livre. En février, lors de la préparation de l’exposition perpugnaaise, il prenait son ascendance comme un éternel : «paysan, mon rapport à la vie se fera à travers la nature, hors de soi», et ajoutait, «ne sois pas triste, de toute façon la forêt s’en fout».

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