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L’histoire de l’Art retient un nombre restreint de peintres nord-catalans, à l’instar d’Anton Guerra et de son contemporain Hyacinthe Rigaud, qui ont vécu à la charnière du XVII et du XVIIIe siècle. Le Maître de Cabestany, sculpteur de la seconde moitié du XIIe siècle, est également répertorié, mais un autre artiste, qui a vécu à cheval entre le XIVe et le XVe siècle, se révèle en 2012. Il s’agit du Maître de Llupià, dont le nom authentique n’a pas survécu au temps. Jusqu’au 2 février 2013, ce peintre fait l’objet d’une exposition organisée à Perpignan par le Centre de Conservation et de Restauration du Patrimoine du Conseil Général des Pyrénées-Orientales (CCRP). Est présentée une série de panneaux peints vers 1510-1512, issus de l’ancien retable majeur baroque de l’église de la commune de Llupia. Ces oeuvres au parcours chaotique ont été sciées, découpées et badigeonnées, après avoir été extirpées de cet ensemble, partiellement détruit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle au profit d’un retable aux goûts du moment. Ces panneaux, datant ainsi de la Renaissance, représentent des illustrations rares de la légende de Saint-Thomas. Ils disposent d’un cousinage créatif, car le Maître de Llupia, probablement d’origine germanique, est l’auteur supposé d’autres oeuvres identifiées à Argelès-sur-mer et Passa.

La présentation au public de ces peintures est rendue possible par le CCRP, en charge de lister et de classer selon leur « état de santé » les édifices et objets religieux de la Catalogne du Nord, en association avec les universités de Perpignan, Girona et Toulouse, ainsi que le Centre de Restauration des Biens Mobiliers du gouvernement catalan. Cette exposition, intitulée « Le Maître de Llupia, un peintre en Roussillon au début du 16e siècle », est visible en la chapelle Notre-Dame des Anges, située rue Maréchal Foch, à Perpignan.

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