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Le mois de janvier 2014 est l’occasion pour le Roussillon de mettre à l’honneur deux de ses artistes, méconnus du grand public, moins des initiés. Dès le 18 janvier, le Musée d’art moderne de Collioure consacré une rétrospective à François Bernadi, artiste de la commune attaché depuis 1945 à croquer les petits métiers du port. Cet ancien pêcheur âgé de 91 ans aborde aussi la sculpture sur pierre et sur bois, ainsi que l’écriture, dans laquelle il s’est signalé en 1955 en publiant, soutenu par Albert Camus, le recueil de nouvelles « Rue du soleil« . L’hommage que rend le Musée de Collioure à ce dernier témoin du village d’autrefois, antérieur à l’arrivée du tourisme, comporte 130 pièces, visibles jusqu’au 31 mars. Cette exposition « François Bernadi, œuvres de 1945 à 2013 » est une idée de Joséphine Matamoros, conservatrice du Musée d’art moderne de Céret de 1987 à 2012. Le parcours du peintre est décrit sur un document-presse, qui révèle notamment son étonnante rencontre avec le peintre dessinateur Raoul Dufy.

Martin Vivès, entre éthique et esthétique

Pour sa part, le Musée François Desnoyer de Saint-Cyprien consacre une exposition à autre enfant du Pays Catalan, Martin Vivès, du 25 janvier au 12 mai. Né en 1905, année de l’avènement du fauvisme à Collioure, cet artiste mort en 1991 se voit consacrer un véritable événement, composé d’une centaine de pièces, pour la plupart inédites. Formé dès 1922 à l’école de la Llotja de Barcelone, puis à l’école Gauthier de Bordeaux en 1923, Vivès fait figure de peintre humaniste, solidaire des réfugiés républicains espagnols de 1939, résistant réel et acteur culturel de l’après Seconde Guerre mondiale. Partisan d’un décloisonnement entre éthique et esthétique, cet amateur de paysages de la région du Conflent qui l’avait vu naître, d’attitudes tauromachiques mais encore des plages de Saint-Cyprien et des ruelles ombragées de Perpignan, injecte de l’espoir en guise de bannière. Ce Grand Prix de la ville de Rome 1972, conservateur du musée des Beaux-Arts de Perpignan de 1944 à 1968, invite à un détour sur la Côte Vermeille, au travers d’une exposition intitulée « Martin Vivès. Une vie engagée, une œuvre libre ».

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