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Pour son exposition de printemps, le Musée d’art moderne de Céret a choisi l’artiste Auguste Herbin, passé à quatre reprises dans la capitale du Vallespir de 1913 à 1923, et séduit. Maître de l’art abstrait et coloriste de référence en son temps, cet artiste né en 1882 a vécu ses premières années dans la ville du Cateau-Cambrésis, dans le département du Nord, où Henri Matisse, également épris du Pays Catalan, était né en 1869. Dès son vivant, mais aussi après sa mort, en 1960, Herbin s’est inscrit dans le patrimoine du territoire, en figurant dans l’habituelle rétrospective estivale du musée en 1994, puis dans « Un siècle de paysages sublimés 1909-2009 », autre grande exposition, en 2009. Plusieurs de ses oeuvres uniquement réalisées dans les Pyrénées-Orientales font partie des collections du musée cérétan et du Musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan.

Un alphabet de 26 couleurs, pour des paysages lisibles

Parmi d’autres artistes français en quête d’exotisme, annonçant ce qui deviendra le tourisme de masse, Herbin, incité par Picasso, à Paris, à descendre vers les Pyrénées, s’est passionné pour l’architecture de Céret, dont les trois célèbres ponts, et l’environnement naturel constitué par le massif du Canigou et le fleuve Tech. D’abord influencé par Cézanne et Van Gogh avant d’être saisi par la Corse, ce cubiste jusqu’au lendemain de la première guerre découpait et donnait un aspect monumental aux formes de la nature, selon un alphabet de 26 couleurs, en association à des cercles, carrés et triangles. Considéré plus tard comme l’un des fondateurs de l’art abstrait en France, cet artiste est nouvellement célébré à Céret, en accord avec sa première grande période, selon cette géométrie alors inédite, affinée dans les années 1940 et 1950, produisant des paysages extrêmement décrits. Au risque de répétitions, la partie catalane de l’oeuvre de cet artiste à la marge, qui défendait simplement la peinture comme un « rapport des couleurs entre elles », se donne à voir à Céret du 2 mars au 26 mai 2013.

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