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Loin des créations surréalistes les plus célébrées, comme la « Persistance de la mémoire » de 1931, surnommée « Les montres molles », le plus caustique des Dalí est visible depuis vendredi à Madrid. Une exposition événementielle intitulée « Dalí illustrateur, rêves de papier », réunit ses grandes oeuvres de critique sociale et politique, réalisées de 1973 à 1977. Prenant appui sur les grands maîtres anciens de la satire, Rabelais, Goya et La Fontaine, le génie de Figueres, dans un style linéaire et parfois monstrueux, se dévoile à travers une première série de 25 estampes, dans lesquelles il traduit les rêves de Pantagruel, description féroce des moeurs du XVIe siècle signée par l’écrivain français François Rabelais. La luxure de l’époque, le clergé, les travers des puissants, illustrent cette réalisation, qui en précède une autre, inspirée des Caprices du peintre espagnol Francisco de Goya, commis en 1799. Cette série critique des vices du Royaume d’Espagne est composée de 80 oeuvres, essentiellement des eaux-fortes, volontairement marquées par l’inspirateur originel. Enfin, la moralité des fables de La Fontaine se présente sous la forme de 12 estampes, illustrant 11 fables, dont Le Corbeau et le renard. Cette étape automnale de Salvador Dalí, âgé de 69 ans en 1973, est visible jusqu’au 6 janvier 2011 à la Fondation Canal de Madrid.

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