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Le patrimoine historique de certains pays est parfois domicilié à l’étranger, à la faveur d’étranges déménagements, dans une réalité qui concerne les Pyrénées-Orientales. Parmi les monuments du territoire spoliés au XXe siècle, la tribune du cloître de Saint-Michel de Cuixà, finalisée au XIIIe, connaît un grand succès aux Etats-Unis. Cet élément majeur de l’art roman, visible au musée The cloisters de l’île de Manhattan, à New York, y est parvenu après son prélèvement en 1907, suivi de son rachat par le magnat américain John D. Rockefeller. Or, pour en relancer la promotion, fin juillet 2012, la Fédération Internationale des Entités Catalanes (FIEC), à vocation planétaire, a révélé son classement des 7 trésors, parmi 34 initialement, du patrimoine de la Catalogne à l’étranger. Fruit d’un sondage mené sur Internet depuis juin, avec la participation de 4700 internautes, ce palmarès contient notamment un monument au violoncelliste Pau Casals érigé dans la ville de Rosario, en Argentine. Il comporte aussi l’église de la vierge de Montserrat de la Havane, et surtout le cloître du Conflent. La portion « américaine » prélevée au pied du Canigou sera ainsi promue par la FIEC au titre du patrimoine de la « Catalogne Extérieure », car elle revêt un intérêt “assez significatif” tout en restant “très méconnue”. Dans les prochains moins, ces 7 trésors feront l’objet d’une campagne de communication démontrant une certaine universalité catalane.

A Perpignan, le Conseil général souhaite un patrimoine rapatrié

Dans un autre esprit, le Conseil général des Pyrénées-Orientales souhaite une restitution des pièces, à vrai dire volées moyennant finances dans le cadre d’un pillage de luxe. Ainsi, une copie du cloître de Cuixà déménagé, présentant des chapiteaux du XIIe siècle dont la facture est reconnue comme excellente, est attendue sur le site d’origine. Cette tâche de longue haleine peut aussi englober la fontaine de Cuixà et quatre chapiteaux du cloître de Saint-Génis des Fontaines hébergés par le Musée d’Art de Philadelphie. La volonté de prélèvement patrimonial, symbolique d’une Amérique vampirisant une Europe dont elle envierait l’histoire enracinée, s’illustre également en Asie. En 2010 est ainsi apparu un projet, aussi fantasque que colossal, de reconstituer en Chine une réplique du village de Cadaqués.

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