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L’exode des républicains espagnols en France, abondamment évoqué ces dernières années dans les Pyrénées-Orientales, trouve une nouvelle lecture en 2014. Cet épisode historique lors duquel 450.000 personnes, principalement sud-catalanes, ont vécu ou péri dans les camps d’internement disposés sur les plages de sable, a eu l’artiste Josep Narro pour témoin. Ce Barcelonais décédé en 1996 a séjourné dans le camp d’Argelès-sur-mer, celui du Barcarès puis du Haras du quartier Saint-Martin de Perpignan. Sa présence est retranscrite au travers de 78 oeuvres, visibles au Musée Terrus, à Elne. L’exode de ce peintre et illustrateur transparaît dans des croquis, dessins et aquarelles, où jaillit la réalité de périmètres concentrationnaires construits à la marge du territoire.

Les assauts de la tramontane et du soleil

De son arrivée à Argelès en février 1939, jusqu’à son retour à Barcelone en 1941, Narro dépeint l’ennui des hommes, l’agression du froid, de la tramontane et du soleil, la mort et la maternité. Malgré une sensibilité artistique différente, son témoignage rejoint celui de Josep Subirats, objet d’une précédente exposition, en 2012. Là aussi, l’artiste explore l’intérieur des camps en donnant à voir ce qu’un photographe, si l’opportunité s’était présentée, aurait pu retranscrire. Le commissaire de cette exposition, Eric Forcada, a tenu à révéler un ensemble inédit, dans lequel la cruauté se mêle à quelques parenthèses optimistes. Le parcours suggéré comporte ainsi un espace réservé, contenant de saisissantes scènes de mort. Ces documents décisifs, rassemblés sous l’intitulé « Dessiner la vérité nue des camps du Roussillon », sont visibles jusqu’au 12 octobre à Elne, puis seront exposés du 15 novembre prochain au 29 mars 2015 au Musée de l’Exil de La Jonquera.

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