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Dans sa volonté d’entrée dans la nouvelle décennie, la Ville de Girona a envisagé, ces dernières années, de rassembler ses collections d’oeuvres d’art en un lieu central. Consacré à l’art contemporain, ce site a fait l’objet d’un projet, avancé en matière architecturale, lancé en novembre 2010 par la municipalité dirigée par l’ancienne mairesse socialiste, Anna Pagans. Dernièrement, une participation de l’État espagnol, qui s’élève à 400.000 euros, est même parvenue jusque dans les caisses municipales. Mais les dernières élections municipales, organisées en mai, ont provoqué une alternance politique, qui bouleverse la donne. Successeur de Mme Pagans, le centriste Carles Puigdemont, membre de la coalition Convergence et Union (CiU), a exprimé en effet, vendredi, le souhait de reporter la réalisation de ce centre baptisé « El bòlit » (le bolide). Selon lui, l’ancienne majorité municipale a fait preuve « d’agissements insensés », car elle a employé la précipitation, et n’a pas tenu compte de la crise.

Le futur musée, prévu rue Emili Grahït, un kilomètre au Sud de la cathédrale de Girona, coûterait 4,5 millions d’euros, que l’équipe de Mme Pagans souhaitait puiser dans les budgets du gouvernement catalan. Socialiste depuis 2003, celui-ci a également basculé vers CiU, avec pour conséquence un gel instantané de nombre de projets socialistes. Selon le premier magistrat, la masse salariale induite et l’entretien de l’hypothétique musée induiraient une dépense trop élevée. Il propose ainsi d’agir dans la continuité, à travers les multiples salles d’exposition distribuées dans son centre-ville. Girona ne devrait pas encore disposer de centre d’art contemporain, bien que le statut de ville moyenne que doit lui octroyer le passage du TGV, dès la fin 2012, puisse imposer cette réalité à moyen terme. En ce sens, le député socialiste Àlex Sáez remettait en question les ambitions de la municipalité, ce samedi, en revendiquant l’intérêt de transformer Girona en l’une des « capitales de Catalogne ».

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