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La Clau
FRENE 66 demande à R. Bachelot de sauver le temple romain de Port-Vendres
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L’étrange interprétation de l’Histoire soulevée en 2019 à Port-Vendres monte désormais jusqu’au gouvernement. A l’époque, de mars à juin, les vestiges d’un possible temple romain de premier ordre ont été extraits inopinément du centre du port, sous forme de fragments endommagés, lors d’une opération de curage et d’enlèvement de roches. Ces éléments patrimoniaux établiraient la preuve d’un passé antique qui, jusqu’alors, se limitait au nom antique de la ville, “Portus Veneris”. D’autres extractions du même intérêt ont été effectuées en 2021, sans interpeller les décideurs politiques ni l’opinion, en dépit du caractère exceptionnel de cette nouvelle identification. Ces découvertes sous-marines, aussi majeures soient-elles pour l’histoire de la romanité, ont été placés sous scellés.

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Un embarras pour le procureur

La très sagace Fédération pour les Espaces Naturels et l’Environnement – Pyrénées-Orientales (FRENE 66), réputée être un “Zorro” auquel rien ne résiste, méticuleuse, renseignée et familière des dossiers politico-administratifs, s’insurge contre une négligence. De concert avec l’Association “Port-Vendres et les Port-Vendrais”, elle dénonce des “manipulations de l’Histoire à Port-Vendres”, dans un communiqué du 5 janvier. Peu écoutée depuis le déclenchement de cette affaire sourde, elle vient de saisir la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, et prévoit de viser “au-delà si nécessaire”, s’entend le Premier ministre, Jean Castex, ou le Président de la République, Emmanuel Macron, qui a “stigmatisé les manipulations de l’Histoire”.

Les deux structures rappellent l’embarras occasionné auprès du magistrat Jean-David Cavaillé, procureur de la République à Perpignan, récipiendaire de trois plaintes associatives pour “destruction archéologique”, restées sans réponse. Les associations affirment disposer d’archives démontrant qu’il a bien existé “un temple au centre du port” et que les blocs dissimulés en mer et les débris qui n’ont pas été déplacés “devraient faire l’objet d’expertise sérieuse”.

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De graves accusations

Les deux associations, redoutant des dégâts supplémentaires, s’inquiètent de l’absence de fouilles préventives – qui seraient menées au nom de la confirmation de l’existence d’un temple romain – en amont de la construction du quai du Port de commerce de Port-Vendres. Ce projet étant annoncé pour septembre 2020 par le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales, une course contre la montre est engagée, selon les protestataires. Ils dénoncent une “exécution sommaire” et une « manipulation ». Ils mettent en avant un “passé antique qui est nié” et une “falsification de l’histoire”.

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