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Le physicien et homme politique François Arago, né à Estagel, en plaine du Roussillon, en 1786, s’offre une nouvelle notoriété en France. Bien que son nom reste connu dans les Pyrénées-Orientales, le député républicain du territoire, puis de Paris, subit une érosion de célébrité au sein des couches populaires française. Samedi, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a fait une annonce qui contribue à rétablir ce déficit, en officialisant la création du très officiel site Internet de la photographie française, baptisé du nom du savant. Sa présentation, effectuée lors des rencontres photographiques de la ville d’Arles-sur-Rhône, a levé le voile sur un projet ambitieux, qui rassemblera gratuitement, dès novembre, 30.000 fiches issues des « collections photographiques nationales », c’est à dire notamment la Bibliothèque Nationale de France, le Centre Pompidou, ou encore la médiathèque de l’Architecture française. A terme, ce fonds parisien sera complété par les collections publiques et privées.

Ce « Site Internet Arago », dont la création revient à la Réunion des musées nationaux, a reçu son nom grâce à un engagement déterminant de l’enfant du pays envers la photographie : en 1839, François Arago a défendu devant l’Académie des Sciences, à Paris, un procédé révolutionnaire inventé par l’artiste Louis Daguerre. Le « daguerréotype« , procédé de révélation chimique de clichés, s’est transformé en processus photographique dans les décennies suivantes. Cette facette méconnue de François Arago illustre la personnalité polyvalente d’un voyageur intrépide, ministre de la Marine et de la Guerre, qui a participé à la découverte de la planète Neptune, a conçu des microscopes et contribué à la maîtrise des phénomènes électromagnétiques.