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Alors que, pour la quatrième fois consécutive le nombre d’immatriculations mensuelles diminue en Catalogne du Sud, enregistrant même une chute de 37,6% en octobre, le Musée d’Histoire de Barcelone (MUHBA), consacre une exposition à la Seat 600, un modèle qui n’a pas connu la crise. Pourtant, malgré près de 800.000 exemplaires écoulés entre 1957 et 1973, la copie ibérique de la Fiat 600 est davantage synonyme de transition économique que de véritable boom. Arrivée dans une Espagne franquiste à l’économie exsangue, qui vient tout juste de s’ouvrir au tourisme, la mythique quatre places matérialise autant l’espoir en des lendemains que l’on espère meilleurs, qu’un objet de désir enfin devenu accessible. On découvre rapidement derrière ses sympathiques rondeurs, la concrétisation de la mise en place de classes moyennes.

Ce véhicule disponible pour 70.000 pesetas a engendré une énorme demande, face à des capacités de production si limitées qu’il fallait attendre jusqu’à trois mois pour en être l’heureux propriétaire. Un peu à l’image de sa cousine yougoslave la Zastava Z-600, cette voiture populairement dénommée « 600 » est devenue en un temps record l’icône d’un regain économique, dans un pays qui ignorait la démocratie. La rétrospective « Ja tenim 600! La recuperació sense democràcia. Barcelona 1947-1973» (Nous avons une 600 ! Le renouveau sans la démocratie) plonge également le visiteur dans le contexte économique et social de l’Espagne des années 1950 et 1960. Il se retrouve au cœur d’une production suivie de près par le Caudillo, où le travail était par certains aspects presque militarisé. Assemblé au bord du fleuve Llobregat, dans la Zona Franca de Barcelone, ce second et très populaire modèle de la maison Seat occupe une place toute particulière pour des hommes et des femmes découvrant une société de consommation. Cet événement est visible jusqu’au 26 juin 2011.

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