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La consécration de la gare de Perpignan en «Centre du monde», selon l’expression de Salvador Dalí, a 52 ans. Cette idée date de 1963, lorsque le peintre surréaliste écrivait «C’est toujours à la gare de Perpignan, au moment où Gala – son épouse et gestionnaire, ndlr – fait enregistrer les tableaux qui nous suivent en train, que me viennent les idées les plus géniales de ma vie. Quelques kilomètres avant déjà, au Boulou, mon cerveau commence à se mettre en branle, mais l’arrivée à la gare de Perpignan est l’occasion d’une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative». Mais le voyage «triomphal» du maître, le 27 août 1965, de Céret à Perpignan, justifie la célébration du demi-siècle. La direction de la culture de la mairie de Perpignan programme un «Jeudi dalinien», ce 27 août 2015 de 16h à minuit. Un défilé historique retracera l’arrivée du peintre, sous forme de «cyclone artistique». La séquence s’annonce «folle, héroïque et transversale, bigarrée et délirante, hybride et créative, triomphante et étincelante». Des artistes inspirés par Dalí sont attendus, le discours de 1965 sera rediffusé à la gare, puis des centaines voire des milliers de personnes rejoindront le centre-ville. Théâtre de rue, performances et projection d’images d’archives sont prévus.

Un espace Dalí permanent au Centre del Món

Dans la fête, l’artiste perpignanais Xavier Vilamajó réalisera un portrait de Dalí avec 2132 bouteilles de vin du Roussillon, sur le parvis de la gare. Cette œuvre d’Art éphémère visant un record mondial sera ébauchée à partir de mercredi 26 août par ce témoin du voyage de 1965. Alors âgé de 19 ans, étudiant aux Beaux-Arts de Perpignan, Xavier Vilamajó a suivi la calèche de Dalí «en mobylette», jusqu’au centre d’art Sant Vicenç, dans le quartier Saint-Gaudérique, nous précise-t’il. Pour sa part, le spécialiste dalinien Roger Erasmy, redécouvreur du wagon figurant sur le tableau «Le mystique de la gare de Perpignan», annonce la présence de ce «fourgon surréaliste», à 17h, dans le même secteur. Ce passionné que cet objet sera prochainement abrité dans un espace Dalí, au sein du centre commercial El Centre del Món, attenant à la gare TGV. «Il fallait enfin oser passer aux choses sérieuses pour régler une dette culturelle vieille de 50 années», souligne ce combattant de la cause surréaliste. Mais le tableau «Le mystique», peint et 1965 et autrement doté de valeur, reste au Museum Ludwig de Cologne.

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