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Olivia Ruiz est fière de ses origines. Loin de l'artiste montée à Paris en niant sa province, elle revendique tout : l'enfance à Marseillette et l'adolescence carcassonnaise, le café familial et surtout cette immigration espagnole dont elle est issue. C'est sans doute pour ça que nous la ressentons tant comme une représentante de cette société jamais décrite, mais très présente vers Toulouse, Narbonne ou Perpignan. Parce que quand elle décrit son parcours, on se rappelle le café après le match de Rugby ou le dîner de famille où la mamie ne parle que castillan et les enfants français, d'une Espagne d'où on vient mais qu'on ne connaît qu'en vacances. C'est sans doute pourquoi on a envie d'y croire quand la belle Olivia, tout juste sortie du succès scénique après le succès discographique, lance un nouveau disque sur le marché espagnol et hispanophone au titre évocateur de « La chica chocolate ». Ne nous y trompons pas, les tubes de l'artiste sont de la plus belle patte de la nouvelle chanson française, Juliette pour le « J'aime pas l'amour » ou Mathias Malzieu du groupe Dyonisos pour « La femme chocolat », mais la chica résiste et exprime ses racines quand elle « traîne des pieds », « valse à Narbonne-Plage » ou ose deux titres dont « Quijote » en castillan dans son deuxième album, celui du succès. Incompréhensible pour le fan moyen, cette sortie valide sa volonté, hors des normes et des modes, d'être elle-même.
Olivia Ruiz est-elle vraiment une chanteuse franco-espagnole?
Bien entendu, le succès éventuel de l'album sur le marché espagnol et hispanophone risque d'être inverse à la supposée démarche, la couleur musicale frenchie, sans doute la plus séduisante pour ce public. Pourtant, et comme un révélateur hispanique, le voyage dans cet album hybride, trilingue, qui reprend des titres des deux premiers albums, et mis à part les tubes « La femme chocolat » ou « J'traîne les pieds », devenant « La chica chocolate » et « Las migas de mi corazón », en duo avec la chanteuse pop latine américaine Julieta Venegas, rappelle souvent les bandes originales des films d'Almodovar, à l'image de « J'aime pas l'amour » ou de « I need a child ». Plus fort encore, elle ressemble avec sa voix profonde à une icône révolutionnaire latina quand elle intègre une version réussie du grand classique latino « Malagueña Salerosa », chanson mexicaine que l'on imagine dans son esprit entre le film du rossignol « Joselito » et Kill Bill 2. Seul le « My Heart Belongs To Daddy » marilynien de la piste 15 effleure la faute de goût. Définitivement, Olivia Ruiz, avec son espagnol mondialisé, plutôt que castillan, joue de son univers sans complexe. Elle est une fille de son époque, qui puise dans le roman de sa vie et de ses souvenirs, avec un incroyable éclectisme musical, entre Adamo et les Garçons Bouchers, entre Paris, Madrid, Tijuana et surtout Marseillette. Bien sûr, l'ensemble peut paraître un peu désuet, comme un bal de village où cohabitent les Négresses Vertes et Luis Mariano en France ou une artiste de la movida des années 80, mais tant pis, son énergie scénique fera le reste, comme à Madrid ou à Barcelone en septembre dernier.
Olivia Ruiz, « La chica chocolate » - octubre 2008 - Universal Music Spain SL.
Si vous souhaitez en savoir plus sur l'histoire mélangée des petits enfants de la"Retirade", sur le même site allez à commerces, Coudalère, Cliquez sur la photo du "Club des Délices", puis dans la fenêtre sur les Histoires d'Albert. Dans le premier texte , cliquez sur "résidus de l'époque franquiste." L'Espagne qui nourrit l'imaginaire d'Olivia Ruiz apparaitra.
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