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Le média roi qu’est devenue la télévision au cours de 30 dernières années n’a pas fini d’influer sur ce qui l’entoure. Socialement, le journal de 20H cadre encore les familles accros aux horaires fixes, comme jadis le coucher du soleil, la fin du film du soir sonne l’heure du sommeil, toutes choses insidieuses intimement liées à l’emprise de la machine sur l’humain. Bon, d’accord, la critique envers la télé est résiduelle, le combat est vain. Tant et plus que l’impératrice médiatique a contaminé la radio en imposant ses stars sur les antennes leader style RTL, à Paris ou RAC1, à Barcelone. Mais l’horrible petit écran détecte de nouveaux territoires de conquête, à moins que ce ne soit le contraire : après la presse magazine, qui a parfait la notion de temps en ourdissant des pages rythmées, avec gros titres, grosses photos et grosses polices de caractères, l’avènement de l’Internet populaire, voilà tout juste 10 ans, a imposé un modèle aguicheur, autour de l'indispensable graphisme et d’une unité de temps plus évidente encore dès lors que la vidéo s’est vraiment introduite sur la toile, assez récemment : You Tube est né en 2005. Tout va très vite, et la presse de continuité devient une télé en papier.
Sommes-nous tous égaux face à la lecture ?
La presse papier a abandonné le rang littéraire dès lors que l’austérité des journaux en noir et blanc, à lire à la loupe, sans photos, a cédé le pas à la photographie, passée en couleurs, puis aux titres de plus en plus brefs, de plus en plus gros, rapprochant les quotidiens d’infos générales de la presse tabloïd. Cette presse à l’ancienne, dopée par l’alphabétisation croissante au XXe siècle s’est heurtée à un tabou, rendu manifeste par sa propre évolution. Car contrairement au passé, lorsque l’individu instruit, appartenant aux classes dominantes, disposait d’un goût à la lecture intimement associé à son alphabétisation, la capacité à lire est désormais dissociée de l’envie, voire du besoin, laissant la porte ouverte à de fines stratégies de séduction et de simplification dont le réalisme éditorial s’avère expert, en reprenant les procédés télévisuels. Ainsi, la recherche d’impact fort par la suprématie de l’émotionnel face à l’informatif, qui avait déjà, en douce, supplanté l’intellectuel, favorise une lecture mâchée, dans une nouvelle passivité. Le nouveau cynisme de l’égalité des esprits face à l’alphabétisation est celui de la conscience d’avoir « lu » le journal du jour, mais en réalité d’en avoir parcouru les photos et les gros titres, par ordre de perception. Un peu comme une illusion nutritive procurée par Quick suivie du constat, une heure plus tard, d’avoir trompé son estomac. Je m’avoue partiellement complice de cette diablerie, sans quoi cet article pour La Clau ne serait pas illustré.
Je m'avoue aussi complice mais pas pour longtemps de cet engouement photo-people. Je posséde un magasin de presse en vente actuellement, et je vois vers quelle publication se jettent volontiers mes clients. La presse quelle qu'elle soit véhicule du fric, de la mode du bling bling et ...de la désinformation. C'est la photo de couverture qui fait vendre, la photo des affiches, la photo etc...... Bravo pour votre information.
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