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Parce que Google, média puissant au sein d’un Internet tout aussi média et tout autant puissant, fait parfois peur aux célébrités dans leur gestion de carrière, un nouveau business explose aux Etats-Unis : les stars sortent leur Mastercard pour que les infos désobligeantes les concernant soient éliminées du web. En février dernier, les détails concernant la top model Kate Moss n’ont plus été accessibles, pendant deux jours seulement, sur la version anglaise de Google, où une recherche anodine de type « Kate Moss » n’a donné aucune réponse relative à la consommation de substances illicites concernant la star, mais simplement son site officiel, ses photos choisies et des articles flatteurs, en tous cas sélectionnés, à son égard. En réalité, sur le modèle du révisionniste historique, dont l’entourloupe consulte à relativiser certaines infos par rapports à d’autres : les photos de la star sniffante n’ont pas disparu, car le boulot de « faiseur de réputation Google » n’est pas une entreprise aux ordres de la Chine. Simplement, les compléments de CV désobligeants ont reculé en page 2, seulement consultée par les exégètes. Pour l’heure, le gâteau est partagé par quatre sociétés américaines, des professionnels de la manipulation, uniquement implantés aux Etats-Unis et déjà riches. Ils ont lancé la nouvelle génération de relations publiques, axée sur la manip’ sans vergogne. Ça vous étonne vraiment ?
Le CV amélioré bientôt en Europe ?
Le million d’euros engrangé en 2006 par le pionnier du secteur, Reputation Defender, signale bien un essor prévisible, peut-être même jusque dans les profondeurs de la proximité : un blog vengeur bave sur Monsieur le maire ? Il doit bien être possible d’en relativiser l’importance, en montant des contre-blogs bidon. En France, une première approche a été fournie fin juin par l’embauche d’une jeune homme de 24 ans chargé d’arranger quotidiennement la réputation du président Sarkozy et de dresser un bilan de ce que la toile raconte sur lui… Déjà, lors de la campagne présidentielle, les anges gardiens des deux grands candidats à la présidentielle avaient fait leurs premières armes. Perpignan, l’affaire de la « Chaussette », par laquelle les élections municipales de 2008 se trouvent parfois résumées, produira des conclusions judiciaires à la rentrée 2008. Et le rôle d’Internet sera peut-être mis en avant, à moins que ce ne soit pour la prochaine fois, car il ne faut pas aller trop vite au pays des retards où certains doutent encore de l’existence d’Internet en tant que média influent. Mais une série de vidéos de « chaussettes » visibles sur Youtube et Dailymotion met en cause le maire sortant et rentrant, Jean-Paul Alduy, qui ne dispose visiblement pas de garçons de veille et n’a pas fait appel à une quelconque agence de nettoyage de réputation. Il en coûte entre 2500 et 20.000 aux Etats-Unis. Qu’en serait-il si l’Europe leur emboîtait très vite le pas ?
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