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Il est un secteur de la presse écrite qui ne connaît pas la crise : la presse écrite sportive, en général la plus lue dans tous les pays européens. Ce secteur tire même vers le haut les ventes des quotidiens généralistes. Si près de 400.000 exemplaires du journal L'équipe sont vendus en moyenne chaque jour en France, ce sont près de 700.000 exemplaires des trois journaux sportifs italiens, le milanais « La gazetta dello sport », le romain « Corriere dello sport » et le turinois « Tuttosport » qui sont lus, quand 800.000 personnes achètent en Espagne les 4 titres majeurs, les madrilènes « Marca » ou « AS » et les Barcelonais « Sport » ou « El mundo deportivo ». En France, le sport est un puissant moteur de la Presse Quotidienne Régionale, qui exerce par là une fonction semblable aux journaux spécialisés des autres pays européens. A Perpignan, Lille, Marseille ou Toulouse, la presse n'hésite pas choisir de présenter en Une les exploits des footballeurs ou rugbymen de son territoire. Ainsi, le quotidien L'indépendant est porté par l'USAP en Catalogne Nord, la Provence par l'Olympique de Marseille quand AS est porté par le Real de Madrid, Sport par le Barça et la Gazetta dello sport par le Milan AC. Les supports de presse sportive font parties intégrantes du sport-business et du sport-spectacle, éléments essentiels de leur juteux marché. Cependant, parce qu’ils sont à la fois partenaires et censément critiques de leur secteur, les journalistes sportifs se retrouvent dans un curieux rapport avec les entreprises dont ils assurent les commentaires en échange de facilités diverses. Ainsi, chaque grand club sportif dépend d'un ou plusieurs titres de presse, comme ces titres dépendent d'un ou plusieurs grands clubs sportifs. On marche sur des œufs, l'objectivité est rarement de mise et la presse sportive est politique, diplomate, voire carrément complice, plus que dans tout autre secteur de la presse : au vu des enjeux, les journalistes sportifs ont été robotisés. Pierre Ballester, journaliste spécialisé en cyclisme à l'Equipe, fut sacrifié en 2001 sur l'autel des grandes affaires de dopage, dans un journal totalement paralysé par la peur d'écorner le mythique tour de France, tout comme le même journal est aujourd'hui toujours laudateur vis-à-vis des équipes de France de football, suite au traumatisme des critiques envers le sélectionneur Aimé Jacquet pour la coupe du monde 1998. Ne tuons pas les poules aux oeufs d'or ! Et que dire de l'attitude des journaux sportifs italiens dans les grandes affaires du foot rital, qui n'hésitaient pas à « charger » les clubs concurrents, dépendants d'autres journaux ! Même en pays catalan, le traitement informatif de l’équipe de l'USAP par le journal L'Indépendant surprend parfois par des critiques mesurées, des scoops un peu téléphonés et des nouvelles stratégiquement distillées : le combat des actionnaires de la saison 2006/2007 a même conduit à la tête de la communication du club un des principaux journalistes rugby du journal. L’approche consensuelle de ses articles était sans doute son meilleur CV. La presse sportive est décidément un théâtre.
"Journalisme sportif", est-ce bien du journalisme ou de l'animation d'évènement ? Et le sport professionnel n'est-il pas devenu l'opium du peuple ?
Merci ca c'est vrai !
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