Bimensuel - N°54 - du 19 avril au 3 mai 2008
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Coups de génie ou régressions artistiques, les nouveautés musicales nous interpellent. Sans complaisance gratuite, voici la compil' des critiques mises en ligne sur La Clau. A lire et à écouter.

La musique en mai 1968 ? Pas vraiment une révolution !
L'histoire officielle vous a vendu un mois de mai 1968 musicalement alternatif et décomplexé, remplie d'artistes osant tout faire, tout imaginer, tout dire ? Détrompez-vous ! Dans les transistors et chez les disquaires, 1968 était drôlement nunuche !

n 1967, Paris lance une 2ème chaîne en couleur dont les programmes musicaux sont animés par l’éternel Guy Lux, et la génération "Salut les Copains", sur la radio Europe 1 que l'on ne capte pas en pays catalan, mène le bal avec Claude François ou Sheila et son populiste "Petite fille de français moyen", une des meilleures ventes de l’année. Sans s'en vanter, ces artistes adaptent les hits anglo-saxons et font vivre par procuration le rêve américain à la jeunesse. Les Beatles sont bien venus à Paris en 1962, mais en première partie de Sylvie Vartan, puis aux arènes de Barcelone en 1965, mais personne ne le saura à Perpignan. La France, qui discerne les hippies à travers les Doors, Pink Floyd ou Jimi Hendrix, comprend mal ces signaux d’une apparente modernité. Johnny Hallyday, l’espace d’un été, incarnera un personnage de synthèse américain avec son "San Francisco", mais c’est un autre titre du même disque qui cartonnera : "Que je t’aime" ! Les jeans d'importation ou vintage coûtent une fortune et ne sont pas encore symboles d'émancipation… Les surboums ... [+] 19/04/08

 

Pau Vallvé, l’artiste qui gère sa vie comme un logiciel
Il s’appelle "OAK" en 2004, "Estanislau Verdet" en 2006, "U_mä" en 2008… Pau Vallvé, jeune fou, barcelonais et multi-instrumentiste, bouscule les règles de l’art en changeant de nom pour chaque nouvel album.

roducteur musical, compositeur de musiques pour le cinéma, la télévision et la pub radio, auteur pour sa pomme, Pau Vallvé est sûrement un prodige : il n’est pas populaire, il travaille énormément et il est toujours là où on ne l’attend pas. Né à Barcelone en 1981, mini-batteur en 1984, plongé dans le solfège en 1987 puis dans ses premiers groupes dès 1991, Vallvé va vite. Un temps aux Beaux Arts, il a surtout étudié la production sonore. Son parcours s’est éclairci en 2004 avec un album de post-rock chanté en anglais : Pau s’appelle alors "OAK", mais, en 2006, il choisit le pseudo "Estanislau Verdet" pour le concept-album "Un que de tan llest és tonto i un que de tan tonto és llest", traduisible en "Tellement éveillé qu’il devient idiot, tellement idiot qu’il en devient éveillé", en référence au handicap de l’intellect dans la jungle sociale. La voix, la musique et les textes sont minimalistes, la posture enfantine est plaisante, le disque vieillit bien. On retiendra le tube radio "Per fer país, insultem en català" qui invite à faire la promo de la langue catalane par insanités interposées. Pas bête ! Le clip du titre met en scène ... [+] 05/04/08

 

Le marché discographique fait naufrage, mais pas les artistes
Avec la dégringolade de l’industrie discographique, peu compensée par le téléchargement légal, il n’y a plus que deux saisons pour les sorties de nouveautés : avant Noël, et avant l’été, c’est à dire maintenant !

e printemps 2008 flatte nos oreilles délicates par une agitation musicale de choix… Côté rock anglo-saxon, la crédibilité béton de Nick Cave est de retour, avec son groupe éternel, les Bad Seeds, qui produit un étrange gospel rock halluciné sur l’album "Dig Lazarus Dig !". On remarque aussi le troisième opus des Kills "Midnight boom", teinté de glam rock et d’audacieux apports de hip hop, qui devrait booster leur notoriété. Ceux qui veulent encore surfer sur la vague soul Motown et qui ont craqué pour Amy Winehouse doivent découvrir le disque "19", d’Adèle, une toute jeune anglaise prometteuse. Plus authentique, et beaucoup moins en vue, la bombe soul du moment est sans nul doute Sharon Jones, avec ses Dap Kings. Cette petite boulotte black, au look Aretha Franklin dans sa période Atlantic, nous vient d’Augusta, Georgie, ville de naissance de James Brown. Sacré pédigrée ! Son disque "100 days 100 nights" sera la bande son de l’été. Les amateurs de musiques plus colorées auront leur album brésilien pour la plage (c’est cliché, mais il en faut toujours un) ... [+] 22/03/08

 

"K Dorian", la connexion jazz Collioure - USA !
La Nouvelle Orléans rencontre Collioure, La Louisiane fréquente le Pays Catalan… Voici la chanteuse Kay Dorian, chassée par l’ouragan Katrina et accueillie en Roussillon. Vous avez dit mondialisation ?

l existe encore des niches à rencontres, loin des circuits habituels, qui mettent en valeur les ambiances subtiles du jazz. Comment éviter ce mini concert à l’ermitage de Consolation, à Collioure, par un superbe et lumineux dimanche d‘hiver 2008 ? La Clau y a rencontré la chanteuse américaine Kaye Dorian, chef de fil du jazz vocal New-Orleans, avec un look à la Janis Joplin. Pour la voir chanter encore, un arrêt s’impose dans les bars et restaurants de fronts de mer, d’Argelès à Port-Vendres, à l’approche des beaux jours : elle y chante et vend ses disques. Chou bi dou ba !
La Clau : Tu parles un français impeccable ! Bientôt le catalan ?
Kaye (K) Dorian : "Pourquoi pas ! Je passe par mal de temps ici, depuis bientôt 4 ans. La langue française me vient d’abord des origines françaises de La Nouvelle Orléans. Je l’ai apprise à l’école, et elle redevient très à la mode dans les milieux artistiques".
Comment pourrais-tu définir ta musique ?
"Je suis très attachée au style Big Band jazz de chez moi, très cuivré et rythmé, proche des racines noires ... [+] 08/03/08

 

La rumba catalane, une world music authentique
La rumba, évidente de Perpignan à Barcelone, est en fait une musique intercontinentale, en mutation depuis deux siècles ! La Catalogne gitane n’est pas la seule à renouveler ce genre musical dont l’origine rappelle celle du blues des pauvres.

epuis le début de la colonisation européenne aux Amériques, la rumba, qui tire son nom d’un mot africain qui signifie "danser autour de son nombril", est liée aux flux migratoires. Plurielle, elle s’émancipe en Afrique de l’Ouest, avec la Rumba Zaïroise au Congo Kinshasa, aux Amériques, à partir de Cuba, et en Europe, avec la rumba catalane. C’est en 1800, à Cuba, au carrefour des cultures transatlantiques, qu’elle prend son ampleur : les travailleurs afro-cubains, anciennement esclaves, deviennent maîtres de la variante "Colombia", la plus ancienne, qui aborde le quotidien agricole. A ses côtés se trouvent la rumba Yambú, plus sensuelle, avec soliste et chœurs, et sa sœur plus populaire, le Guaguancó. Les textes abordent la vie quotidienne et populaire, et la danse, à signification érotique, est attestée en Europe méridionale dès le XVIIIe siècle ! La rumba, sous le nom de guaracha cubaine, traverse l’Atlantique, gagne le Portugal et l’Espagne, où les gitans de Séville en font la rumba flamenca. Elle gagne ... [+] 23/02/08

 

Renaud Papillon au laboratoire musical de Perpignan
Un nom comme un rêve d’enfant, une notoriété grandissante, et une réponse au doute sur la capacité de notre époque à produire du neuf… Renaud Papillon raconte son prochain album.

n clôture d’une résidence de 15 jours à la Casa Musicale à Perpignan, le groupe de Renaud Papillon Paravel, composé de Nika Leelflang , à la guitare et au chant, Gaëlle Costil au violoncelle et au piano, Patrick Felices à la basse et DJ Raph Dumas aux platines, nous reçoit en pleine séance de travail.

La Clau : Renaud, tu es un régional, un voisin…
Renaud Papillon : "Oui, c’est sûr, je vis à Sigean, cette commune plus connue pour sa réserve africaine peuplée d’animaux africains… Mon groupe est hybride, composé de 3 « gavatx » et de 2 Catalans, Patrick Felices et DJ Raph, et nous travaillons ici, depuis deux semaines, sur mon nouvel album, que nous défendrons sur scène et présenterons aux médias".
Ton prochain album, "Renaud Papillon Paravel au sommet de son arbre", évoque l’enfance, la paternité, la nature, le vent ... [+] 09/02/08

 

Rock 2007 : une année musicale à retenir !
Les années 00 ne seront pas celles de la mort du rock, mais la valse des étiquettes musicales devient une attitude permanente et inégale. Ne jetons pas 2007 à la poubelle !

e son provient de tous les coins de la planète et l’uniformité musicale éclate en cette fin de décennie, de la soul déjantée d’Amy Winehouse, clin d’œil aux années 1960, à Mika, qui fait découvrir la décennie suivante aux jeunes génératioLes années 00 ne seront pas celles de la mort du rock, mais la valse des étiquettes musicales devient une attitude permanente et inégale. Ne jetons pas 2007 à la poubelle !ns, en passant par Dizzie Rascal qui offre à l’Angleterre son premier tube planétaire rap. Référence au passé ou emprunt moderne, les étiquettes et références existent toujours, mais elles se mélangent, tout en étant revisitées sans cesse et différemment. En 2007, les Français semblent maîtres des dance floors : Justice, avec un premier album, et Daft Punk, ont dominé la house music. Côté rock, Luke, Cocoon ou Daphné ont confirmé. Les frasques londoniennes de Pete Doherty ont alimenté les journaux people mais un bel album est pourtant arrivé avec son groupe, les Babyshambles. Pour les amateurs de guitare et de métal, en 2007, les Foo Fighters et leur nouveau disque sont incontournables, comme les deux révélations Biffy Clyro et Fall Out Boy. Mais c’est la grosse déception ... [+] 26/01/08

 

De Django aux Artic Monkeys, la clope en musique
Que s’est-il passé ? Entre 1950 aux années 2000, la musique festive a abandonné le tabac ! Si le terreau d’inspiration devient 100% clean, que vont raconter les chansons de demain ?

e jazz a beaucoup promotionné la cigarette. Django Reinhardt, fumeur de plusieurs paquets par jour en est mort en 1953… Bon nombre de standards des années 50/60 aux, du genre « Cigarette and bourbon » ou « Smokin’ bar », ont loué le tabac dans une atmosphère de cave enfumée, dans la pénombre, au son du Be Bop et des nuages de fumée des P 4, brûle-gorges sans filtre fournis par l’Armée française à ses gentils soldats. La cigarette est même symbole de liberté et d’affirmation de soi chez les femmes, pour lesquelles elle représente une provocation et un désir d’égalité avec l’homme à l’instar de Juliette Gréco ou Rita Hayworth. Puis le rock 70’s continue de faire la part belle au tabac, comme aux stupéfiants… A l’époque où le cow-boy Marlboro semble dominer la planète et les pubs des journaux, Deep Purple et son célèbre « Smoke on the Water », David Bowie et son "Rock and roll suicide", ou Eric Clapton, racontent leur dépendance ... [+] 12/01/08

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