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La presse régionale française va-t-elle rester régionale
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La presse française
extra-parisienne est une belle mosaïque aimée par
80% des citoyens, mais les groupes rachètent les titres
devenus faibles. Dans ce contexte, à Perpignan, le journal
L’Indépendant catalan, né en 1846, doit-il
changer de nom ?
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L'Indépendant,
dans le paysage catalan depuis 1846 |
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es journalistes, désormais
moins aimés que les politiciens voire les huissiers, sont
soupçonnés d’être à la botte
du pouvoir ou à la solde du pouvoir de l’argent.
Le public moyen, désormais instruit, se rend compte que
l’objectivité est relative, notamment en France dont
les ventes de journaux centralisés ou "nationaux",
sont en chute : les titres historiques, de L’Humanité
au Figaro, de Libération à France-Soir, sont sans
cesse renfloués, et leurs maquettes sont sans cesse relookées.
Mais la presse proche de nous, celle qui nous rapproche, est,
comme le maire en politique, celle que nous gardons le plus près
de notre cœur selon la dernière étude de l’Etude
de la Presse d’Information Quotidienne : "L’audience
totale de la Presse quotidienne régionale en France touche
20.045.000 lecteurs en moyenne entre 2006 et 2007, soit une progression
de 2.3%. 16.729.000 lecteurs au numéro moyen, c’est
le nombre de français de 15 ans et plus qui chaque jour
lisent au moins un des 60 titres de la
Presse Quotidienne Régionale soit 33.6% des Français".
Plus largement, 80,4% des personnes lit occasionnellement ou quotidiennement
la PQR, soit 39.976.000 lecteurs ! La presse "nationale",
qui n’est surtout pas produite à Toulouse, Lille
ou Perpignan, semble donc drapée d’une aura prétérite.
La presse locale devient macro-régionale
!
La presse locale ou régionale
n’échappe pas au mouvement global car il est quasi
impossible qu’un journal reste indépendant de tout
groupe de presse, quand celui-ci n’est pas un marchand d’arme
ou de béton, encore que cela vaille davantage pour la presse
« nationale ». Sur ce principe, le groupe EBRA comprend
les titres Le Progrès, La Tribune, Les Dépêches,
Vaucluse Matin, Bien Public, L’Est-Républicain etc.
Le groupe Journaux du midi détient Midi Libre, L’Indépendant
et Centre Presse de l’Aveyron. En France, on compte à
ce jour 16 groupes de PQR, toujours en mouvement : on achète
un titre, on le revend selon la stratégie de développement
économique ou territorial de celui-ci. Parmi les exemples
récents, dès octobre 2007, le au couple formé
par le Groupe Sud Ouest et La Dépêche a entamé
le rachat des Journaux du Midi, possesseur du quotidien L’Indépendant
de Perpignan : le journal catalan rejoint ainsi la presse de l’axe
Toulouse / Bordeaux, dans une nouvelle période pleine d’incertitudes
sur le plan éditorial comme celui des ressources humaines.
A la clef, des aigreurs et des départs idéologiques
portés par la "clause de conscience", contenue
dans le code du travail, utilisable par les journalistes français
en cas de "changement d’orientation ou de philosophie
de l’entreprise"…
La presse régionale, enjeu et
abus des décideurs locaux
Avec 70 061 lecteurs
quotidiens en France, la presse « régionale »
est le premier média d’information auprès
des décideurs « locaux », parmi lesquels 93%
des élus et 72.7% des cadres A. Pour eux, le journal d’ici
donne le pouls, dans l’ordre, de la vie économique,
la politique, la vie sociale, la vie économique nationale,
les marchés financiers et les annonces de recrutement.
Aussi, ou surtout, la presse régionale reflète leur
activité et relaie leur communication auprès des
électeurs. En réalité, quel est le pourcentage
de citoyens qui voit à « bout touchant » leurs
élus ? Pas énorme. Donc, l’image publique
des élus provient essentiellement de la presse régionale,
d’où la tentation de faire pression sur cette presse
au travers d’annonces publiques légales et d’achats
d’espaces pub. Dans la plupart des régions françaises,
où la presse locale, parce qu’elle est monopolistique,
oriente l’actualité générale et construit
ou détruit des légendes, le rapport est ambigu si
le média joue le flou entre l’information au public,
le publi-reportage et l’autocensure. La diversité,
jadis possible, maintenant réduite essentiellement à
Paris, reviendra-t-elle un jour ?
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Nicolas Caudeville
| 22.03.08 |
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