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Municipales 2008 : limaille et politique en pays catalan
Le schéma politique
des Pyrénées-Orientales peut s'appréhender
depuis toujours en termes de bipolarités : locale, Mairie
de Perpignan-Conseil Général, et nationale, droite-gauche.
L'ennui, et la difficulté, c'est qu'elles ne coïncident
jamais !
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Champ
magnétique ou champ de ruines ? |
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utant qu'il m'en souvienne
la Mairie de Perpignan, actuellement UMP, et le Conseil Général,
P.S., ont toujours été en position antagoniste et
ceci quelle que soit l'appartenance politique des majorités
de l'une ou de l'autre. Cet antagonisme est clairement fondé,
à tort ou à raison, sur un couple opposant zones
urbaines et zones rurales. On pourrait raisonnablement penser
que les oppositions sont moins fortes lorsque les majorités
politiques coïncident. Il n'en est rien et peut être
même est-ce le contraire qui serait vrai tant la compétition
pour le leadership dans chaque camp est intense. Au sein du Conseil
Municipal de la ville-centre, les conseillers municipaux de tous
bords qui sont aussi conseillers généraux sont quasiment
investis par le maire et l'assemblée d'une mission de défense
des intérêts et des dossiers de la ville. Faire payer
aux ruraux les services offerts par la ville est une préoccupation
constante : par exemple, les droits d'inscription sont plus élevés
pour eux. Les ruraux rétorquent qu'ils viennent en ville
dépenser leur argent et font tourner les commerces.
Deux aimants, quatre pôles
Tout se passe comme si le champ
politique était sous la dépendance de deux aimants
différents dont les axes ne coïncident pas. Chaque
consultation électorale sollicite l'un d'eux en actualisant
un champ de forces. Les électeurs se distribuent dans ce
champ selon leurs opinions comme autant de particules de limaille
de fer. Ils ont une forte tendance à s'accumuler autour
de chaque pôle. Par exemple droite-gauche pour un second
tour de présidentielle. Mais les effets de l'autre aimant
ne sont pas pour autant annulés. Il y a un phénomène
de rémanence dû au fait que chacune des élections
a des conséquences sur les suivantes. Un succès
national français encourage des ambitions locales ou permet
de bétonner une situation acquise. A l'inverse un échec
fragilise. Comme, de plus, les politiciens professionnels planifient
leurs parcours depuis les origines, leurs stratégies personnelles
sont des lieux de couplage objectifs des deux champs. Autrement
dit, ils articulent en permanence dans leur trajectoire le local
et le global. On sait par exemple que les couplages maire-sénateur
ou président de Conseil Général-député
sont des positions quasiment inexpugnables, sauf tsunami électoral
national français.
Le destin de la limaille de fer
Et les électeurs
dans tout ça ? Ballottés d'un champ à l'autre
ils sont contraints à des calculs stratégiques complexes
que les tactiques des candidats ne facilitent pas, chacun s'employant
à brouiller les cartes et à créer du flou.
C'est ainsi que le Conseil Général attaque la Mairie
dans son "cœur de métier" en implantant
des permanences actives dans le quartier Saint-Jacques (voir l'excellent
article de David Giband, "Les évènements de
Perpignan : la fin d’un système géopolitique",
Hérodote,. N°120, 2006, p 177-190). La Mairie riposte
en accroissant continûment le périmètre de
l'Agglomération Perpignan-Méditerranée, qu'elle
contrôle politiquement, créant une sorte de Conseil
Général bis regroupant des zones périurbaines
et des zones rurales. Dans les listes des municipales on trouve
de la droite dans la gauche et de la gauche dans la droite. Le
maire sortant ne craint pas d'avouer un passé trotskiste
voire situationniste ; sa principale adversaire fut l'adjointe
de son père et siégea à droite au CG…La
limaille de fer tourne en bourrique ! Un tel système est
pratiquement fermé. La création d'un pôle
nouveau ne peut guère attirer que des particules à
faible liaison dans chacun des deux champs. Elles ne pèsent
pas lourd et le statu quo reste pratiquement le seul avenir prévisible…
Mais comme le dit la sagesse populaire : "Dans la vie, faut
pas sans fer".
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Robert Marty |
08.03.08 |
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