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La femme catalane, entre mythe et réalités
Les historiens de la "femme
catalane", tous des hommes jusqu’il y a peu, voient
en elle deux visages... La première est la femme soumise
et discrète, facteur de médiation, la deuxième
est la toute-puissante maîtresse de maison. Et demain, quoi
?
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| Maillol,
Venus, Perpignan, février 2008 |
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a femme occupe peu d'espace
dans l'histoire catalane. La densité des archives est davantage
orientée vers l'homme, acteur pour lui et beaucoup souvent
pour elle. Il y a peu d'études avant que la femme ne suscite
l'intérêt solidaire des historiennes au XXème
siècle. Quand on en parle, ont les évoque dans leur
lieu familial, comme la veuve ou la fille aînée,
ou laeur présence en groupes marginaux comme sont les épouses,
les prostituées ou les sorcières. Quelque fois la
femme se détache quand elle se trouve dans un lieu de privilège
près de l'homme comme la reine Violant d’Hongrie,
la bandit Joana, compagne du “bandoler” Serrallonga,
les défenseurs d'Ile-sur-Têt au XVIème siècle,
la religieuse Soeur Antigó de Perpignan ou les résistantes
du XXème siècle comme Roseta Blanc, née à
Elne. Tout compte fait la femme catalane existe peu en faits remarquables
par rapport aux hommes. La "normalité" de sa
position quotidienne la place au deuxième plan, qui souvent
malheureusement n'intéresse pas la postérité.
C'est une mineure avec un tuteur masculin qui officiellement doit
le protéger par l'institution du mariage, comme disent
les coutumiers du XIXème. Elle reste seulement en tant
que sujet d'étude sociale même en plein XXème
siècle quand, au bout de millénaires de distribution
masculine pour les rôles majeurs, le casting social commence
à se féminiser.
Maîtresse véritable de
son domicile
L'originalité, cependant,
lui est fournie par cette description même. La femme catalane
est maîtresse des lieux de vie, où atteint la centralité.
Dans la famille en tant que groupe que les lois écrites
reglementent strictement, la distribution des rôles, précise
et reproductrice depuis le moyen âge jusqu'au XIXème
siècle, elle peut assumer le protagonisme, en étant
la fille aînée, héritière du patrimoine,
quand elle est désignée par hasard ou par élection
élue clé de voûte du système. Or, la
plupart du temps elle est désignée par un homme
(père, frère, mari) et elle subirà toujours
son regard. Mais le pouvoir est plus à elle car le bien
familier -et le nom, originalité locale!- passe par elle.
Elle s'impose grâce au nerf de l'alliance, l'argent, qu’elle
peut transmettre légalement, récupérer et
gérer, autre spécificité.
Les cas de transgression sont difficiles, presque impossibles
dans l'immense majorité des cas, parce que basiquement
on ne peut pas défaire ce que de manière immémoriale
Dieu a fait. Sociale sera la fuite au loin ou au contraire la
sortie d'un clan vers un autre avec le mariage. Sexuelle sera
aussi par la domination du "mâle", mais pas forcément
rare parce que les personnalités font leur effet. Cela
dit, l'extraconjugalité est vraie, "tacitement acceptée"
en haut de la hiérarchie sociale, cachée dans la
paysannerie où on peut détacher la violence. Intellectuelle
sera réservée aux couches sociales les plus élevées
et encore.
Au XXIè siècle, la femme
affranchie à 100% ?
Les étapes des
révolutions industrielles permettent de faire exploser
quelques licous et aller vers plus d'équité et d’égalité
entre l'Homme et la Femme, jusqu’à l'arrivée
de la Journée Mondiale de la Femme Travailleuse né
il y a 100 ans, scellé par l'ONU en 1945. Cette égalité
progressive, peu glosée dans la constante relation de domination
par l'homme, s’insinue dans les pratiques et les esprits
quand s’accélèrent les nécessités
sociales et économiques. Mais à petits pas, bien
petit à petit. Quand la révolution française
la lui donne, le Code Civil lui reprend en donnant encore une
fois l'autorité au père ou à époux.
Ce n’est qu’au au XXème siècle, 1931
dans l'état espagnol, 1946 en France, que le droit de vote
leur est accordé. Quand l'économie dérange
le monde familial, quand les cadets quittent le foyer, quand le
battement de la vie passe du champ à la ville, les relations
de force changent entre homme et femme. La scolarisation augmente
la libération, mais la liberté est le but à
obtenir, c'est-à-dire de fait cesser d’avoir à
choisir entre Marie l'idéal, l'humble ou Eve, le naturel,
le mal. Une troisième voie en voie de construction encore
aujourd'hui avec beaucoup de brèches à ouvrir. Il
faudra beaucoup d'années pour que la journée de
la Femme paraisse déphasée et doive être supprimée.
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Joan Betriu | 23.02.08 |
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