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Tabac dans les bars : "L’exemple espagnol est plus
équilibré"
Après l’Espagne
en 2007, la cigarette est éjectée en 2008 des bars
et des restaurants français : en hiver, les clients fumeurs
risquent la double pneumonie en allant en griller une dehors,
sous peine d’amende de 65 euros...
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Alain, patron de bar
à Perpignan |
epuis le 1er janvier 2008 et
selon la loi, l’interdiction intervient dans la convivialité
du café, personne ne fume. On ne doit pas prendre le risque
de tuer à petit feu les fumeurs passifs, serveurs en tête.
Quid des bars dont l’objectif principal est de fumer. La
Clau en fait le tour et interroge les patrons sur ce nouveau bonheur
imposé.
La Clau : Perpignan,
8 janvier 2008, 10h, 9° à l’ombre du Restaurant-bar
Les Expéditeurs, Espace Méditerranée. Les
patrons, Myriam et Alain, doivent fumer dehors même lorsque
l’établissement est vide. Plus maître chez
soi ?
Alain, le patron : "Y’en a marre !
J’avais déjà l’impression de travailler
toutes ces heures pour l’Etat... On nous en demande toujours
de plus en plus en ne donnant jamais de solutions : normes de
sécurité, hygiène, tout cela se traduisait
déjà en termes de coût. En plus, il y a les
lois que l’on fait pour notre "santé",
et les gros contrôles sur l’alcool, et des cas extrêmes
comme ce patron de bar qui a été attaqué
en justice après que l’un de ses clients ait causé
un accident mortel en prenant sa voiture après avoir consommé
dans son établissement. L’Etat veut nous transformer
en contrôleurs de la santé publique, voire de la
morale : ce n’est pas notre rôle. Notre métier,
c’est de proposer à nos clients des lieux de convivialité
où ils peuvent se retrouver entre eux, décompresser,
faire une pose dans une journée de travail. Pas des lieux
de surveillance supplémentaires. Je ne vais pas mettre
des caméras ou passer des coups de fil à la police.
Pour le cas de la cigarette et de la fumée, la loi Evin
me paraissait suffisante pour peu qu’elle soit bien appliquée.
L’exemple espagnol est plus équilibré : en
dessous d’une surface de 100 m2 c’est le cafetier
qui décide si son établissement sera fumeur où
pas."
Quel est l’impact
sur la clientèle ?
Je vois une différence entre l’écho que donnent
les médias et ce que je constate ces jours-ci. Le "tout
le monde trouve ça bien ou s’y résout, parce
que ce sera une occasion pour m’arrêter de fumer"
ressemble plus à la méthode Coué qu’autre
chose. Ce que je vois, c’est une baisse de la fréquentation
des fumeurs pour le petit noir du matin où la bière.
Et toujours pas de retour des familles et des non-fumeurs, malgré
la communication argumentée des médias et de l’Etat
! Ce matin, avec des clients, plutôt que de rester debout
dehors un peu comme les cancres que l’on mettait au coin
avec un bonnet d’âne, on a sorti des tables et des
chaises et on a fumé après avoir posé un
carton sur la table avec l’inscription "Résistants"
! Les fumeurs ont de plus en plus l’impression qu’on
les désigne à la vindicte populaire... Et que derrière
la question de santé se cache une question morale impulsée
par des lobbys. On nous confisque de plus en plus de liberté
individuelle « pour notre bien », mais qu’est-ce
qu’on nous donne en échange ? Rien. On nous infantilise
de plus en plus. Nous sommes adultes et pouvons nous responsabiliser
nous-mêmes !
Pour en finir avec
le problème de la fumée, faut-il en finir définitivement
avec la cigarette ?
L’état a été et demeure le premier
dealer avec la cigarette. Il gagne encore beaucoup d’argent
avec les taxes énormes qu’il perçoit dessus.
Avec cela, il se permet de condamner au regard d’une santé
qu’il veut dé rembourser de plus de plus. C’est
vouloir et réussir à avoir "le beurre, l’argent
du beurre et le cul du cafetier" ! C’est un peu fort
de café. Je suis fumeur. J’aimerai bien m’arrêter
de fumer du jour au lendemain, mais ce n’est pas facile.
Gérer un établissement au-delà de la restauration
et la vente de boisson compte tenu des exigences légales,
c’est stressant, fatigant, et d’un point de vue pratique
la cigarette est un instrument compensatoire utile. On ne fume
pas pour s’autodétruire, les fumeurs ne sont pas
suicidaires pour la plupart…
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Nicolas Caudeville
| 12.01.08 |
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