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Coloniser des peuples, s'emparer de leurs ressources, occuper leurs territoires est certes répréhensible. Et certains d'appeler à la repentance, très à la mode au début du XXIe siècle. Mais depuis que les hommes savent naviguer, ils ont montré leur propension à aller voir ailleurs et très loin, soit par esprit d'aventure, soit pour y commercer, soit pour s'y installer. C'est cependant au XIXe siècle que ces diverses formes de colonisation ont atteint leur plein épanouissement avec la formation des grands empires coloniaux. En France, l'artisan principal en fut Jules Ferry, qui s'attira ainsi le sobriquet de "Ferry-Tonkin".
Jules Ferry : « civiliser les races inférieures ».
Connu pour son œuvre scolaire, qui n'échappe pas non plus à la critique, le personnage affichait des motivations d'une grande générosité sociale qui n'en était pas moins déterminées par l'idéologie de l'unité et de l'identité nationales, par l'exigence économique de répondre à la demande de main d'œuvre éduquée. On retrouve ces mêmes motivations dans son zèle expansionniste colonial. Idéologique, avec la mission qu'il se donne de "civiliser" les peuples colonisés, selon une opinion largement partagée à cette époque, notamment par Victor Hugo. Economique, afin de trouver des débouchés pour la production de masse de l'industrie française en plein essor et surtout afin de s'assurer le contrôle des matières premières. Stratégique et militaire aussi, pour garantir une forte présence de la France dans le monde. L'humanisme n'est plus au rendez-vous quand on regarde les déclarations de Ferry, le 30 juillet 1885 à la chambre des députés, empreintes du racisme sous-jacent à cette époque : "Les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures." Le père de l’instruction obligatoire s’attira une riposte cinglante de Georges Clemenceau : "Voilà, en propres termes, la thèse de M. Ferry et l'on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation …".
Que cache le faux débat sur la colonisation ?
Dans la France de Jean-Pierre Raffarin, en septembre 2003, un rapport remis à l’Etat empruntait à la sémantique coloniale la plus débridée : « La France avait demandé à ses fils les plus intrépides d’assurer son rayonnement par-delà les mers : avec courage, avec enthousiasme, avec ténacité, ils l’ont fait. Les terres ont été mises en valeur, les maladies ont été combattues, une véritable politique de développement a été promue ». En 2005, des députés voulant souligner le "rôle positif de la présence française outre-mer" ont repris les postures idéologiques de Jules Ferry. Au contraire, divers travaux d’historiens ont ces dernières années documenté une thèse anticolonialiste : bien avant les Guerres mondiales, la conquête de l’empire français aurait été le laboratoire des crimes racistes du XXe siècle. Quant à la domination qui a suivi, elle aurait entraîné une exploitation éhontée dont la dette économique et morale est encore vécue aujourd’hui dans leur chair par les ex-colonisés. D'où l'émergence d'un souhait de repentance. En présence d'attitudes aussi contradictoires on est tenté de les renvoyer dos à dos, car il ne sert à rien de magnifier ou de déplorer des moments choisis de l'Histoire. Mettre hors jeu les historiens est une façon de détourner l'historicité à son profit. Faut-il demander à la Reine d'Angleterre de se repentir d'avoir brûlé Jeanne d'Arc ? En revanche, on peut se demander ce que cache ce faux débat. A coup sûr, le maintien de peuples ex-colonisés dans des formes de sujétion surtout économique. La colonisation continue sous d'autres formes. Car si les bienfaits avaient été ceux que l'on décrit, pourquoi viendraient-ils aujourd'hui mourir aux frontières européennes ?
ici je parle des resultats, pas forcement des intentions. Mais meme a ce niveau, il y avait beaucoup de romantisme dans le processus colonial.
Monsieur SuperDupont,si vous dites vrai, alors qu'allait donc faire la France dans cette galère ?
il est loin d'etre evident que la France ait exploite ses colonies.D'enormes depenses d'infrastructures et d'administration ont ete faites, les produits de base ont ete payes 20% plus cher que les prix internationaux par la metropole,qui en retour a considere les colonies comme un marche captif permettant de pereniser des canards boiteux. Les capitalistes francais dans l'ensemble ne se sont pas interesses aux colonies, qui sont restee a la charge de l'Etat et ont constitue un fardeau economique ... Lire la suite
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